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Stéphanie Yates : UQAM - Université du Québec à Montréal
Les grands projets d'infrastructure sont souvent source de tension entre les citoyens, qu'on accuse souvent d'être atteints du syndrome « pas dans ma cours », et les élus locaux, pour qui les retombées économiques d'un projet priment parfois sur d'autres considérations, de nature sociale ou environnementale, par exemple. C...) els épisodes questionnent la légitimité représentative des élus, particulièrement lorsqu'ils semblent agir de connivence avec les promoteurs de projets. Les citoyens s'opposant aux projets voient eux aussi leur représentativité questionnée; il n'est d'ailleurs pas rare qu'en réaction à cette prise de parole citoyenne, de nouveaux groupes voient le jour afin d'apporter leur appui au projet, et ce au nom de la « majorité silencieuse ». Au final, la décision d'aller de l'avant ou non avec un projet dépend surtout de la légitimité accordée par les instances décisionnelles aux différents acteurs en présence. Or, plusieurs cas récents montrent qu'à cet égard, la légitimité représentative des élus ne fait pas le poids devant l'expression de la voix citoyenne. Nous étudions ces dynamiques à partir de deux projets d'infrastructure qui ont fait l'objet de controverse dans les municipalités québécoises où ils ont été présentés, soit un projet de parc éolien à St-Valentin, en Montérégie, et un projet d'agrandissement d'un site d'enfouissement sanitaire à Saint-Thomas, dans la région de Lanaudière.
Ce 7e colloque organisé en partenariat avec l’Institut du Nouveau Monde (INM) propose d’approfondir la compréhension des tensions entre la participation et la démocratie en explorant trois thèmes de la pensée de Jacques T. Godbout : 1) les effets pervers de la participation en démocratie; 2) les relations entres les professionnels et les usagers; et 3) l’articulation entre la participation et l’innovation sociale. Ce colloque sera l’occasion de réfléchir à la pertinence de cette analyse pour le Québec en présence de l’auteur.
Il y a un peu plus de 30 ans, Jacques T. Godbout, présentait dans son livre La participation contre la démocratie un regard critique et lucide sur les tensions entre la démocratie représentative et les dispositifs de participation mis en place par les gouvernements pour légitimer leurs actions en instrumentalisant la parole des citoyens.
La démocratie des usagers poursuit cette réflexion et problématise les effets pervers de la participation des citoyens dans le contexte des sociétés libérales contemporaines. Il démontre que la relation expert-usager se substitue au lien politique dans les différents programmes et organismes de l’État. En faisant la promotion de la participation au sein de la relation professionnels-usagers, l’État affaiblit, voire évacue, la possibilité du jeu démocratique.
La participation n’a pas que des effets pervers. Jacques T. Godbout s’est également penché sur l’articulation entre la participation et l’innovation sociale. La participation permet-elle de développer une société innovante et comment?
Il s’agira, au cours de ce colloque, de réfléchir aux thèmes proposés par Godbout, de les confronter à des cas d’actualité et d’en comprendre la portée 30 ans plus tard...
Thème du colloque :