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Béatrice Quenault : Université Rennes 2
Plutôt que de définir principalement les catastrophes comme des occurrences physiques, requérant largement des solutions technologiques, il convient de les concevoir comme le résultat d'interactions complexes entre un événement physique potentiellement dangereux (ici les aléas liés au changement et à la variabilité climatiques) et les vulnérabilités d'un territoire urbain, son infrastructure, son économie et son environnement qui sont déterminés par les comportements et les choix humains. Par conséquent, face à la menace globale que représente le changement climatique, l'émergence de sociétés urbaines résilientes aux risques de catastrophes nécessite un renouvellement de paradigme faisant passer d'une focalisation du regard sur les risques et leur quantification à une attention toute particulière accordée à l'identification des différentes vulnérabilités et aux moyens de les réduire grâce à des stratégies d'adaptation proactives. On montrera, en premier lieu, pourquoi l'adoption d'une perspective systémique, donc complexe et dynamique des vulnérabilités et résiliences urbaines peut offrir un cadre pertinent pour envisager les futurs (soutenables) de la ville en lien avec le changement climatique. On analysera, comment une perspective dynamique de la résilience urbaine peut devenir une condition critique du développement urbain soutenable en concevant l'adaptation au changement climatique comme un processus ou une stratégie planifiée d'atténuation des vulnérabilités urbaines.
L’intention de ce colloque est d’explorer les réponses territoriales des changements climatiques. Ces dernières s’organisent à partir de la mobilisation de différents acteurs politiques et professionnels. Au programme de notre événement figurent les codages à partir desquels les protagonistes de la territorialisation des changements climatiques appréhendent leur intervention. L’exploration de ces codages justifie l’organisation d’un premier axe autour des notions de politiques de mitigation ou d’adaptation, de risques, de dangers, de vulnérabilités et de résilience. Le deuxième axe sera réservé aux traductions prises concrètement sur les territoires en réponse à ces différents codages de manière à confronter les écarts identifiés par les réflexions théoriques aux situations illustrées par les cas pratiques. En confrontant les notions aux réalités, contraintes et enjeux de terrain, nous souhaitons identifier les opportunités et les freins de ces démarches. À travers des présentations de projets territoriaux, il s’agira de lever le paradoxe de l’aménagement dit durable et d’établir des ponts entre théories et pratiques.