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Ocytocine et neuroéconomie : recherches à double usage

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Louis Chartrand

Résumé de la communication

Aujourd'hui, des études réalisées en neuroéconomie ont mis en évidence le rôle de l'ocytocine dans certains comportements prosociaux tels que la confiance ou la générosité. Ces données ont d'intéressantes perspectives thérapeutiques et viennent améliorer nos connaissances sur la prise de décision économique. Cependant, d'autres applications semblent poser des problèmes éthiques. Notamment, l'utilisation de ces données à des fins manipulatoires par le neuromarketing pose problème. Il s'agit effectivement de manipulation, car comme dans le cas des biens implicites, cette utilisation réduit la responsabilité des consommateurs dans leurs achats. Il est alors possible de se considérer dans le cas de recherches dites à double usage : un usage bénéfique et un potentiellement néfaste. Il est semble-t-il nécessaire de mettre en place un encadrement de ces recherches sans entraver l'avancée des découvertes. Différentes gouvernances peuvent être envisagées, et font appel à plusieurs acteurs, tel que les chercheurs, le public et les bioéthiciens.

Résumé du colloque

L’amorce de toute philosophie semble être l’expression d’un état de crise. De la crise de la démocratie athénienne sans cesse ressassée par Platon à celle des sciences européennes théorisée par Husserl, de la crise qui ébranle l’autorité des Anciens au moment où la modernité prend un certain essor à la crise de cette modernité même qui s’exprime chez ceux qui proclament l’imminence de son dépassement, chaque fois il semble que l’urgence de philosopher soit l’effet d’une crise qu’on s’efforce de penser et à laquelle il faut réagir.

Tantôt c’est la philosophie elle-même qui se sent en crise et qui cherche à définir les conditions de légitimité de sa pratique – par exemple sous la forme de la critique kantienne; tantôt la philosophie met le monde qui l’entoure en crise parce qu’elle trouve qu’il ne s’interroge pas assez sur son ordre établi – comme dans l’annonce nietzschéenne de la mort de Dieu; tantôt enfin la philosophie s’offre comme réponse à une crise qui sème l’insécurité − on peut alors penser à la philosophie hobbesienne face à la guerre civile qui sévit en Angleterre. La crise, qu’elle soit à l’échelle individuelle, sociale ou qu’elle affecte l’être en son entier, commande l’urgence de philosopher.

Les questions qui sont ouvertes par ce thème sont nombreuses et cherchent à rendre possible la constitution d’échanges féconds entre philosophes issus de toutes les spécialisations et de toutes les écoles. De quelle crise le besoin exprimé par la société civile pour l’éthique est-il le symptôme? De quels types de crise la philosophie peut-elle être victime? Quels réconforts ou solutions peut-elle offrir lorsque le monde est en crise? Comment peut-elle accompagner les autres disciplines dans les soubresauts de légitimité qu’elles subissent? Les crises n’ont-elles que des aspects négatifs? Comment penser leur utilité? On le voit, ce thème peut être déployé de manière à interpeller tous les champs de la philosophie telle qu’elle se pratique aujourd’hui.

Contexte

section icon Thème du congrès 2014 (82e édition) :
La recherche : zones de convergence et de créativité
section icon Date : 15 mai 2014

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