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Persistance et pertinence de la correspondance de l'âme et de la cité dans Le Politique de Platon : une contribution aux études de philosophie politique platoniciennes

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Antoine PAGEAU ST-HILAIRE : University of Chicago

Résumé de la communication

Si la République et les Lois constituent des œuvres incontournables de la philosophie politique de Platon, le Politique a quant à lui été négligé jusqu'à tout récemment (Dixsaut, 2005). D'une part, ce dialogue définit l'art politique comme le tissage de la cité, laquelle se voit fragilisée par la coexistence conflictuelle de deux espèces de citoyens, représentant respectivement les vertus opposées du courage et de la modération (309a-b).D'autre part, le but du Politique est pour ses interlocuteurs et ses lecteurs de « devenir meilleurs dialecticiens »(285d). La question qui se pose est alors de savoir quels liens entretiennent le politique et le Politique, c'est-à-dire, la politique et la philosophie. Afin de bien saisir la nature du tissage politique et son rapport à la dialectique, il importe d'intégrer à notre interprétation la célèbre analogie platonicienne de l'âme individuelle et de la cité. Bien que cette correspondance soit explicite dans la République (368e-369a, 435e, 441d)et dans les Lois (626c‐d),elle n'est jamais proposée aussi clairement dans le Politique.Or, en portant une attention soignée à l'action du dialogue, nous pouvons y voir la persistance de cette notion cruciale dans la pensée politique du philosophe. Il s'agira de mettre en évidence la primauté des questions psychologiques sur les questions politiques au sein même de la science politique de Platon, de souligner le caractère fondamental de la psychologie politique dans la philosophie politique platonicienne.

Résumé du colloque

L’amorce de toute philosophie semble être l’expression d’un état de crise. De la crise de la démocratie athénienne sans cesse ressassée par Platon à celle des sciences européennes théorisée par Husserl, de la crise qui ébranle l’autorité des Anciens au moment où la modernité prend un certain essor à la crise de cette modernité même qui s’exprime chez ceux qui proclament l’imminence de son dépassement, chaque fois il semble que l’urgence de philosopher soit l’effet d’une crise qu’on s’efforce de penser et à laquelle il faut réagir.

Tantôt c’est la philosophie elle-même qui se sent en crise et qui cherche à définir les conditions de légitimité de sa pratique – par exemple sous la forme de la critique kantienne; tantôt la philosophie met le monde qui l’entoure en crise parce qu’elle trouve qu’il ne s’interroge pas assez sur son ordre établi – comme dans l’annonce nietzschéenne de la mort de Dieu; tantôt enfin la philosophie s’offre comme réponse à une crise qui sème l’insécurité − on peut alors penser à la philosophie hobbesienne face à la guerre civile qui sévit en Angleterre. La crise, qu’elle soit à l’échelle individuelle, sociale ou qu’elle affecte l’être en son entier, commande l’urgence de philosopher.

Les questions qui sont ouvertes par ce thème sont nombreuses et cherchent à rendre possible la constitution d’échanges féconds entre philosophes issus de toutes les spécialisations et de toutes les écoles. De quelle crise le besoin exprimé par la société civile pour l’éthique est-il le symptôme? De quels types de crise la philosophie peut-elle être victime? Quels réconforts ou solutions peut-elle offrir lorsque le monde est en crise? Comment peut-elle accompagner les autres disciplines dans les soubresauts de légitimité qu’elles subissent? Les crises n’ont-elles que des aspects négatifs? Comment penser leur utilité? On le voit, ce thème peut être déployé de manière à interpeller tous les champs de la philosophie telle qu’elle se pratique aujourd’hui.

Contexte

section icon Thème du congrès 2014 (82e édition) :
La recherche : zones de convergence et de créativité
section icon Date : 15 mai 2014

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