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Représenter une sexualité qui dérange

YL

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Yves Laberge : Université d'Ottawa

Résumé de la communication

Comment évoquer sans montrer une sexualité qui dérange, qui sort des sentiers battus et des conventions, tout en évitant l'obscénité, la vulgarité, la pornographie, et en conséquence la censure? Depuis la création du Code Hays en 1933, le cinéma a tenté de trouver un équilibre entre d'une part les conventions morales et d'autre part les sexualités qui dérangent. Progressivement, le cinéma a mis en scène l'adultère, le détournement de mineure, l'homosexualité, le viol, l'inceste. A partir d'une analyse empruntant à la sociologie du genre, cette intervention utilisera quelques marquants de quelques cinéastes avant-gardistes d'envergure universelle (Bunuel, Bergman, Pasolini, Fassbinder) mais aussi québécois (Anne-Claire Poirier, Denys Arcand) pour ensuite esquisser quelques notions théoriques sur ce que je nommerai "les sexualités interdites". Les objectifs de cette recherche sociologique sont de saisir les mutations d'une société. Trois concepts sociologiques seront à la base de notre analyse: les représentations sociales, la sociologie du genre et la sociologie du cinéma. Una attention particulière sera accordée à l'éthique de l'image. L'approche méthodologique sera qualitative et comparative. Le cadre théorique de cette recherche est transdisciplinaire.

Résumé du colloque

L’avant-garde a-t-elle un sexe? Si nous pensons qu’il dépasse en théorie les catégories de genre, le concept d’avant-garde reste le plus souvent associé à un imaginaire masculin dans la culture visuelle et littéraire. Centrée sur la figuration, métaphorique ou non, d’une posture empruntant beaucoup aux origines militaires du concept, l’écriture de l’histoire des pratiques culturelles et de l’offensive intellectuelle de l’avant-garde reste entachée d’une « virilité originelle », tandis que l’on investit la posture féminine d’une dimension exploratoire sentimentale et intime, même lorsqu’elle se positionne volontairement dans l’espace public. Ceci n’est pas sans reproduire des clichés en vogue depuis le 19e siècle qui voudraient cantonner le féminin à l’affectif et le masculin au politique. En outre, dans le discours historique en littérature, en arts ou en cinéma, les productions féminines se situent dans un champ para-artistique : les femmes « ouvrent la voie », elles montrent un « domaine nouveau », mais semblent ne pas remettre en question, comme c’est le cas pour les hommes, les conventions esthétiques et les idéologies du champ culturel − exception faite des productions à saveur féministe qui, elles aussi, sont considérées « à part ».

Réunissant des chercheurs émergents et établis, ce colloque propose d’interroger l’avant-garde de manière théorique et méthodologique en ce qu’elle constitue un système de représentations des genres sexués. Au-delà d’études monographiques, ce sera l’occasion de poser un regard critique sur l’état du discours universitaire sur les pratiques culturelles des mouvements sociaux et politiques, tant historiques que contemporains. Comment se construit un mouvement avant-gardiste dans sa réception critique? Quelle place cette réception fait-elle à la différence sexuelle? L’histoire doit-elle réinterpréter les « mouvements féminins » isolés, non plus comme des productions féministes mais comme parties prenantes d’une avant-garde mixte?

Contexte

section icon Thème du congrès 2014 (82e édition) :
La recherche : zones de convergence et de créativité
news icon Thème du colloque :
Le sexe de l'avant-garde
section icon Date : 15 mai 2014

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Titre du colloque :

Le sexe de l'avant-garde

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Thème du colloque :

Le sexe de l'avant-garde