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Martine ROBERGE : Université Laval
La
notion de rite, et a fortiori celle
de rite de passage, ne correspond plus au XXIe siècle à une
catégorie étanche aux contours bien définis. Toujours
présents dans nos sociétés contemporaines, les rites témoignent, par leurs transformations
et leur plasticité, de la perte de repères et de symboles qui les façonnaient
autrefois.
Cette
communication, qui reprend les grandes lignes de notre ouvrage publié sous le
titre Rites de passage au XXIe
siècle : entre nouveaux rites et rites recyclés, propose une
exploration des rites entourant trois grands passages de la vie: naissance, conjugalité
et mort. L'étude s'appuie sur un corpus d'observations et d'entrevues qui rend
compte d'expériences rituelles qui se sont déroulées en contexte québécois de
1998 à 2012. L'échantillon se compose donc d'une ritualité diversifiée:
cérémonies d'accueil de l'enfant, fêtes de bienvenue, baptêmes, réceptions-cadeaux
(showers) de naissance, rites entourant
l'accouchement, enterrements de vie de jeunesse, fiançailles, pendaisons de
crémaillère, mariages thématiques, cérémonies d'union, hommages au défunt,
funérailles, cérémonies d'adieu. Si les rites que nous observons aujourd'hui
sont davantage marqués par leur diversité, ne seraient-ils que des formes
altérées des rites de passage classiques?
L’étude des rites constitue un champ de recherche qui transige avec toutes les disciplines des sciences humaines et sociales. Depuis le début du siècle dernier, plusieurs spécialistes ont développé diverses perspectives théoriques sur les rites (Durkheim, Mauss,Van Gennep, Reik, Turner, Douglas, Levi Makarius, Cazeneuve, Isambert, Grimes, Bell, Hall, Bourdieu, Goffman, Martens, Balandier, Rivière, Thomas, Maisonneuve, Girard, Segalen, Fellous, Cyrulnik, Wulf, etc.). Il ressort de leurs travaux que les rites ne peuvent plus être considérés commedes actes aliénants, mécaniques et figés. Ces auteurs ont plutôt mis en évidence leur univers symbolique très riche. Éliade, Caillois, Durand, Isambert et Sperber (156-159) se sont notamment intéressés au sémantisme de cette dimension symbolique. Bourdieu de son côté a reconnu qu’ils sont des actions hautement significatives dans la mesure où ils rendent visible l’identité. Ils permettent l’acquisition progressive d’habitus, de comportements, d’attitudes, de dispositions d’esprit, etc. Plusieurs auteurs ont aussi analysé leur fonction sacramentelle en vue d’un rapport au sacré ou à une transcendance. De sa perspective sociologique, Goffman les analysait à travers ses descriptions des interactions sociales. D’autres auteurs plus contemporains, comme Gebauer et Wulf, ont relancé les études sur les rites en insistant sur leur performativité et leur transmission par mimétisme. Le champ des études sur les rites est donc largement ouvert et plusieurs approches théoriques s’y rencontrent. À cet égard, nous désirons rassembler des chercheurs de tous les horizons disciplinaires pour faire état des travaux les plus récents sur les rites.
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