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Olivier Riffon : UQAC-Université du Québec à Chicoutimi
La participation est un concept polysémique qui se prête bien à des tentatives de tri et de classement. Il en résulte une multitude de propositions de typologies. Dans le cadre d'une recherche portant sur la mise en œuvre participative du développement durable dans les collectivités québécoises, nous avons développé une typologie des logiques de participation qui réfère aux positionnements possibles d'un acteur par rapport à sa propre participation. Ces logiques indiquent comment un acteur peut réagir dans les processus participatifs : préséance de certains comportements, capacité de distanciation, degré de soumission à un impératif civique.
Nous avons décrit quatorze logiques de la participation, qui se distinguent par les finalités et motivations (pragmatiques ou idéologiques), par les fonctions et effets attendus de la participation, ainsi que par le rapport que les participants entretiennent face à la science et au politique. Cette typologie permet d'analyser le discours des acteurs, afin d'interpréter leurs pratiques et leurs attitudes en matière de participation, et ultimement d'expliquer leur degré d'engagement dans les processus participatifs.
Ce 7e colloque organisé en partenariat avec l’Institut du Nouveau Monde (INM) propose d’approfondir la compréhension des tensions entre la participation et la démocratie en explorant trois thèmes de la pensée de Jacques T. Godbout : 1) les effets pervers de la participation en démocratie; 2) les relations entres les professionnels et les usagers; et 3) l’articulation entre la participation et l’innovation sociale. Ce colloque sera l’occasion de réfléchir à la pertinence de cette analyse pour le Québec en présence de l’auteur.
Il y a un peu plus de 30 ans, Jacques T. Godbout, présentait dans son livre La participation contre la démocratie un regard critique et lucide sur les tensions entre la démocratie représentative et les dispositifs de participation mis en place par les gouvernements pour légitimer leurs actions en instrumentalisant la parole des citoyens.
La démocratie des usagers poursuit cette réflexion et problématise les effets pervers de la participation des citoyens dans le contexte des sociétés libérales contemporaines. Il démontre que la relation expert-usager se substitue au lien politique dans les différents programmes et organismes de l’État. En faisant la promotion de la participation au sein de la relation professionnels-usagers, l’État affaiblit, voire évacue, la possibilité du jeu démocratique.
La participation n’a pas que des effets pervers. Jacques T. Godbout s’est également penché sur l’articulation entre la participation et l’innovation sociale. La participation permet-elle de développer une société innovante et comment?
Il s’agira, au cours de ce colloque, de réfléchir aux thèmes proposés par Godbout, de les confronter à des cas d’actualité et d’en comprendre la portée 30 ans plus tard...
Thème du colloque :