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Vers une version raffinée de l'hédonisme psychologique

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Sebastien Laliberté

Résumé de la communication

La critique de Joseph Butler contre l'hédonisme psychologique a longtemps été considérée comme définitive. Récemment, certains philosophes ont cependant commencé à remettre en question la validité de ses arguments (Johnson, 1992; Stewat, 1992; Sober et Wilson, 1998), sans toutefois aller jusqu'à défendre l'hédonisme psychologique. Je souhaite tenter de démontrer non seulement que la critique de Butler n'est pas valide, mais aussi qu'une certaine version de l'hédonisme psychologique est défendable. En effet, la plupart des arguments contre la doctrine hédoniste me semblent rater leur cible puisqu'ils ne s'attaquent qu'à une version bien précise de celle-ci voulant qu'un désir général de maximisation du plaisir soit à l'origine de toutes nos actions. Or, une autre version me semble beaucoup plus plausible. Selon celle-ci, ce serait une disposition à maximiser notre plaisir et non pas un désir en tant que tel qui nous pousserait à agir. La différence principale entre le désir et la disposition concerne la place respective de chacun dans l'ordre causal : la disposition – lorsque jumelée à certaines croyances – donne lieu à des désirs. Comme je chercherai à le démontrer, le problème principal de l'idée de désir général pour le plaisir est qu'un tel modèle semble impliquer que nous ne valorisons rien en soi – sauf peut-être le plaisir lui-même. Un modèle où la disposition jouerait le rôle central est en mesure d'éviter une telle difficulté ainsi que plusieurs autres plus mineures.

Résumé du colloque

L’amorce de toute philosophie semble être l’expression d’un état de crise. De la crise de la démocratie athénienne sans cesse ressassée par Platon à celle des sciences européennes théorisée par Husserl, de la crise qui ébranle l’autorité des Anciens au moment où la modernité prend un certain essor à la crise de cette modernité même qui s’exprime chez ceux qui proclament l’imminence de son dépassement, chaque fois il semble que l’urgence de philosopher soit l’effet d’une crise qu’on s’efforce de penser et à laquelle il faut réagir.

Tantôt c’est la philosophie elle-même qui se sent en crise et qui cherche à définir les conditions de légitimité de sa pratique – par exemple sous la forme de la critique kantienne; tantôt la philosophie met le monde qui l’entoure en crise parce qu’elle trouve qu’il ne s’interroge pas assez sur son ordre établi – comme dans l’annonce nietzschéenne de la mort de Dieu; tantôt enfin la philosophie s’offre comme réponse à une crise qui sème l’insécurité − on peut alors penser à la philosophie hobbesienne face à la guerre civile qui sévit en Angleterre. La crise, qu’elle soit à l’échelle individuelle, sociale ou qu’elle affecte l’être en son entier, commande l’urgence de philosopher.

Les questions qui sont ouvertes par ce thème sont nombreuses et cherchent à rendre possible la constitution d’échanges féconds entre philosophes issus de toutes les spécialisations et de toutes les écoles. De quelle crise le besoin exprimé par la société civile pour l’éthique est-il le symptôme? De quels types de crise la philosophie peut-elle être victime? Quels réconforts ou solutions peut-elle offrir lorsque le monde est en crise? Comment peut-elle accompagner les autres disciplines dans les soubresauts de légitimité qu’elles subissent? Les crises n’ont-elles que des aspects négatifs? Comment penser leur utilité? On le voit, ce thème peut être déployé de manière à interpeller tous les champs de la philosophie telle qu’elle se pratique aujourd’hui.

Contexte

section icon Thème du congrès 2014 (82e édition) :
La recherche : zones de convergence et de créativité
section icon Date : 15 mai 2014

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