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Vie philosophique, vie contemplative : enjeux et défis

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Catherine Collobert : Université d'Ottawa

Résumé de la communication

La philosophie s'exprime aujourd'hui à travers une diversité d'approches, de méthodes et d'objets, qui en rend une définition consensuelle impossible. C'est donc sans souci du consensus que je propose de la définir comme activité contemplative. Celle-ci requiert de l'esprit une forme d'absorption dans l'objet et de passivité face à celui-ci, qui fait de la contemplation une compréhension intuitive. Mais parce que la vie contemplative ne saurait se résoudre en une contemplation solipsiste, cette compréhension pour être communiquée exige un travail de traduction de ce qui est vu et entendu. Nous verrons à travers les exemples d'Héraclite et de Platon que ce travail s'effectue par une écriture dominée par l'image, qu'elle soit analogique ou métaphorique. En outre, en définissant la philosophie comme activité contemplative, nous supposons une certaine visée propre à l'activité philosophique. En accord avec Platon, je pose en effet que ce qui est visé dans l'activité philosophique est l'eudaimonia, le bien-vivre qui a pour condition la vertu. La dimension éthique de la contemplation nous invite ainsi à défendre la mondanité d'une vie contemplative qui s'effectue dans la caverne.

Résumé du colloque

L’amorce de toute philosophie semble être l’expression d’un état de crise. De la crise de la démocratie athénienne sans cesse ressassée par Platon à celle des sciences européennes théorisée par Husserl, de la crise qui ébranle l’autorité des Anciens au moment où la modernité prend un certain essor à la crise de cette modernité même qui s’exprime chez ceux qui proclament l’imminence de son dépassement, chaque fois il semble que l’urgence de philosopher soit l’effet d’une crise qu’on s’efforce de penser et à laquelle il faut réagir.

Tantôt c’est la philosophie elle-même qui se sent en crise et qui cherche à définir les conditions de légitimité de sa pratique – par exemple sous la forme de la critique kantienne; tantôt la philosophie met le monde qui l’entoure en crise parce qu’elle trouve qu’il ne s’interroge pas assez sur son ordre établi – comme dans l’annonce nietzschéenne de la mort de Dieu; tantôt enfin la philosophie s’offre comme réponse à une crise qui sème l’insécurité − on peut alors penser à la philosophie hobbesienne face à la guerre civile qui sévit en Angleterre. La crise, qu’elle soit à l’échelle individuelle, sociale ou qu’elle affecte l’être en son entier, commande l’urgence de philosopher.

Les questions qui sont ouvertes par ce thème sont nombreuses et cherchent à rendre possible la constitution d’échanges féconds entre philosophes issus de toutes les spécialisations et de toutes les écoles. De quelle crise le besoin exprimé par la société civile pour l’éthique est-il le symptôme? De quels types de crise la philosophie peut-elle être victime? Quels réconforts ou solutions peut-elle offrir lorsque le monde est en crise? Comment peut-elle accompagner les autres disciplines dans les soubresauts de légitimité qu’elles subissent? Les crises n’ont-elles que des aspects négatifs? Comment penser leur utilité? On le voit, ce thème peut être déployé de manière à interpeller tous les champs de la philosophie telle qu’elle se pratique aujourd’hui.

Contexte

section icon Thème du congrès 2014 (82e édition) :
La recherche : zones de convergence et de créativité
section icon Date : 15 mai 2014

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