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Nicolas Boissière : UQAM - Université du Québec à Montréal
Développé au 18ème siècle en Grande-Bretagne et présent
aujourd'hui dans l'ensemble des pays occidentaux, le néo-druidisme, ou
druidisme contemporain, désigne une vaste mouvance religieuse dont l'objet central
est la restauration de l'ancienne religion des Celtes. Pour ses pratiquants,
les druidisants et les druidisantes, il s'agit ainsi de remettre au goût du
jour les croyances et les rituels des druides de l'Antiquité, perçus comme les
personnages centraux de cet ancien système religieux. Néanmoins, si les
divinités et le calendrier liturgique celtique sont au cœur d'attentives
réhabilitations, une pratique rituelle antique est, elle, l'objet de vives
condamnations de nos jours : le sacrifice animal et le sacrifice humain.
Les quelques sources
antiques concernant les druides mentionnent en effet que ces derniers
immolaient lors de populaires rassemblements des offrandes animales et, plus
rarement, des offrandes humaines. Sans nous intéresser à la véracité historique
de tels actes ou aux constructions politiques et littéraires propres à ces
anciens récits, nous analyserons en revanche dans cette communication leurs
réceptions auprès des pratiquants d'aujourd'hui : pourquoi, tout en
prônant le retour à cet ancien culte, les druidisants et les druidisantes
censurent-ils une pratique supposément majeure de ceux dont ils se considèrent
comme les héritiers ? Des alternatives ont-elles été trouvées pour
conserver l'esprit du sacrifice?
L’étude des rites constitue un champ de recherche qui transige avec toutes les disciplines des sciences humaines et sociales. Depuis le début du siècle dernier, plusieurs spécialistes ont développé diverses perspectives théoriques sur les rites (Durkheim, Mauss,Van Gennep, Reik, Turner, Douglas, Levi Makarius, Cazeneuve, Isambert, Grimes, Bell, Hall, Bourdieu, Goffman, Martens, Balandier, Rivière, Thomas, Maisonneuve, Girard, Segalen, Fellous, Cyrulnik, Wulf, etc.). Il ressort de leurs travaux que les rites ne peuvent plus être considérés commedes actes aliénants, mécaniques et figés. Ces auteurs ont plutôt mis en évidence leur univers symbolique très riche. Éliade, Caillois, Durand, Isambert et Sperber (156-159) se sont notamment intéressés au sémantisme de cette dimension symbolique. Bourdieu de son côté a reconnu qu’ils sont des actions hautement significatives dans la mesure où ils rendent visible l’identité. Ils permettent l’acquisition progressive d’habitus, de comportements, d’attitudes, de dispositions d’esprit, etc. Plusieurs auteurs ont aussi analysé leur fonction sacramentelle en vue d’un rapport au sacré ou à une transcendance. De sa perspective sociologique, Goffman les analysait à travers ses descriptions des interactions sociales. D’autres auteurs plus contemporains, comme Gebauer et Wulf, ont relancé les études sur les rites en insistant sur leur performativité et leur transmission par mimétisme. Le champ des études sur les rites est donc largement ouvert et plusieurs approches théoriques s’y rencontrent. À cet égard, nous désirons rassembler des chercheurs de tous les horizons disciplinaires pour faire état des travaux les plus récents sur les rites.
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