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Etienne Girouard : UQAM - Université du Québec à Montréal
L'exceptionnalité coréenne pose de multiples défis aux théories traditionnelles du nationalisme. Les expériences nationales coréennes suggèrent ainsi deux questions fondamentales. D’abord, comment expliquer qu’une nation établie, la nation républicaine de 1919, puisse déboucher sur deux nouvelles nations dans l’après-guerre, la nation révolutionnaire au Nord et la
nation développementaliste au Sud, alors que celles-ci partagent à elles trois un même bagage historique et culturel. Ensuite, comment expliquer le fait que les communautés imaginées révolutionnaire et développementaliste en soient venues à
accoucher de relations autant acrimonieuses, puis à engendrer des conceptions politiques si radicalement opposées, et cela, tout en partageant les mêmes mythomoteurs, cette matière brute que nous livrent l’histoire et la culture et à partir de laquelle est tissée la courtepointe de la réalité nationale. La chimie du national propose de voir chacune des nations coréennes comme autant de corps sociaux constitués à partir d’une même matière brute, mais qui, sous l’effet de catalyseurs générant des «réactions nationales» différentes, s’agencent variablement de façon à doter la nation de propriétés singulières. Les nations coréennes apparaissent telles des isomères structurels et le chimiste du national voit l’histoire, la culture, les héros, et les symboles comme les atomes à partir duquel sont composées les nations en tant que structures moléculaire de l'identitité collective.
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