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L'adoption d'une politique québécoise de lutte contre l'homophobie : quel impact sur les relations entre les organismes communautaires LGBT+ et l'État québécois?

LC

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Line Chamberland

Résumé de la communication

En 2009, le gouvernement du Québec adoptait une Politique de lutte contre l'homophobie, suivie en 2011 par un plan d'action comprenant 60 mesures sous la responsabilité de 11 ministères, la création d'un Bureau de lutte contre l'homophobie ainsi qu'un soutien financier accru pour les organismes communautaires voués à la défense des droits des minorités sexuelles et de genre (LGBT+) ainsi qu'à des projets de lutte contre l'homophobie issus d'organismes communautaires (LGBT+ ou non). Les représentants du mouvement LGBT+, ayant eux-mêmes privilégié une stratégie de concertation et de lobby politique, ont accueilli favorablement la politique et le plan d'action résultant d'une longue démarche consultative. On peut s'interroger sur les changements induits par cette politique. D'un côté, elle favorise la reconnaissance sociale et financière des organismes LGBT+, renforce les liens entre divers milieux (communautaire, universitaire, société civile), facilite l'émergence de nouveaux partenariats, notamment avec des institutions locales, régionales et nationales, en vue de combattre l'homophobie. De l'autre, elle risque d'entraîner la professionnalisation des organismes communautaires autour de quelques fonctions (services, sensibilisation), aux dépens de leur rôle politique, et d'accentuer les inégalités entre les organismes, ceux bénéficiant déjà de ressources étant les plus capables de les mobiliser en vue d'obtenir du soutien gouvernemental.

Résumé du colloque

Ce colloque vise à ouvrir un espace de dialogue interdisciplinaire autour des enjeux contemporains sur les politiques publiques et les minorités sexuelles dans l’espace francophone. Si la question de la politique de la sexualité n’est pas nouvelle, elle suscite de nouvelles mobilisations sociales et politiques autour des droits des minorités sexuelles (gais, lesbiennes, transsexuels, transgenres, « queers », etc.), parmi lesquelles les dispositifs étatiques font l’objet de recherches (droit au mariage, prévention du harcèlement et des violences sexuelles, lutte contre l’homophobie, politiques de santé publique spécifiques, lutte contre les discriminations). La normalisation des identités sexuelles que visent les politiques publiques ne fait pas l’objet de consensus. Au contraire, elles continuent de susciter médiatisation et nouvelles mobilisations aussi bien des minorités sexuelles que de nouveaux acteurs politiques. De plus, les nouvelles technologies de communication contribuent à mondialiser le transfert des enjeux d’un pays à l’autre, à encourager la naissance de nouveaux mouvements inspirés par les politiques publiques et les organisations du Nord. Dans les pays du Sud, ces minorités réclament à leur tour des politiques spécifiques pour atteindre l’égalité des droits et leur reconnaissance comme catégories de citoyens. Ces luttes se jouent aussi dans l’arène internationale comme à l’ONU, non sans résistance des États opposés à l’égalité juridique. Les contextes politiques spécifiques de ces régions et l’ingérence des acteurs du Nord entraînent des réactions politiques et sociales qui obligent des membres de ces minorités sexuelles à l’exil vers des espaces où leurs droits seraient davantage reconnus. Ces réfugiés se heurtent cependant à des obstacles dans les pays d’accueil, qui s’inscrivent dans des dispositifs complexes touchant leur accueil. Cette intrication des problématiques locales et internationales demande à être mieux théorisée et empiriquement démontrée.

Contexte

section icon Thème du congrès 2014 (82e édition) :
La recherche : zones de convergence et de créativité
manager icon Responsables :
Elhadji Mbaye
section icon Date : 16 mai 2014

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