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Le risque de l'écriture devant les ruines du 21e siècle : traversées lyriques entre la poésie et l'essai chez Hélène Dorion

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Evelyne GAGNON : University of Alberta

Résumé de la communication

Les auteurs du 21e siècle expriment plus que jamais, à l'heure de la mondialisation, une inquiétude et une fragilité communes face aux dérives du monde. Poète des paysages planétaires ou de la sphère intime, poète de la vie concrète ou de l'abstraction, Hélène Dorion inscrit sa démarche dans cet intervalle dynamique qui invite à la mobilité constante entre les catégories. Si l'importance de cette œuvre au sein de la poésie actuelle s'avère aujourd'hui reconnue, l'auteure a aussi fait paraître, depuis le tournant du 21e siècle, deux essais ainsi qu'une collection d'entretiens qui apportent un éclairage nouveau sur sa conception de l'écriture. Dans cette communication, nous explorerons précisément le travail de l'intergénéricité entre la poésie récente et les essais d'Hélène Dorion afin de relever les diverses traversées, ici liées à une forme de lyrisme contemporain, entre ces modes d'écriture. De fait, les transferts génériques ainsi que les modalités stylistiques récurrentes de cette écriture (répétitions variationnelles, énonciation des lieux) permettraient la rencontre vertigineuse de l'intime et du philosophique, tout en mettant en acte un lyrisme critique (Jean-Michel Maulpoix). Le recours à l'intertextualité (les discours scientifiques et philosophiques, notamment), tant dans les essais que dans la poésie, participent plus récemment à cette tentative de créer des chemins de traverses entre les diverses modalités signifiantes de la langue, des catégories et des genres.

Résumé du colloque

Plusieurs études théoriques portent sur l’évolution et les transformations des genres littéraires. Quelques historiens de la littérature se sont aussi penchés sur l’hybridité des genres, dont Michel Raimond (La crise du roman, 1966), Jean-Yves Tadié (Le récit poétique, 1978) et René Agostini (Théâtre poétique et/ou politique?, 2011). Mais qu’en est-il de la pratique des écrivains eux-mêmes? Quels sens dégager des voies qu’ils empruntent d’un genre à l’autre? Au Québec, en particulier, certains écrivains ont su imposer une voix singulière en poésie, tout en pratiquant d’autres genres littéraires. Jacques Brault, Hélène Dorion, Louise Dupré, Anne Hébert, François Hébert, René Lapierre et Fernand Ouellette, pour en fournir quelques exemples, s’adonnent tantôt à l’écriture de romans, tantôt à celle de poèmes, tantôt encore au théâtre ou à l’essai. Et, à l’intérieur de ces genres, la frontière entre prose et poésie est parfois mince. Qu’est-ce qui caractérise leur style, en prose comme en vers? Comment ressaisir leur voix poétique en prose? Quelles en sont les composantes langagières? Dans une telle perspective, nous proposons trois axes : 1) « Transferts du roman à la poésie et de la poésie au roman » : comment ces auteurs sont-ils passés du roman aux poèmes, et vice-versa? Il devient ainsi pertinent d’examiner les registres langagiers, les ruptures syntaxiques, l’univers mis en forme (réaliste, onirique, fantaisiste, etc.), voire la disposition des textes; 2) « Théâtre et poésie » : dans un espace dialogique, quelle est la place accordée au non-dit et aux silences? Le verbe prime-t-il sur l’action? Quels sont les impératifs de la mise en scène? 3) « Poésie et essai » : plusieurs de ces écrivains ont écrit des essais sur la création littéraire et la langue. Ils ont parfois réfléchi aussi à la place de la poésie dans leurs textes. Quelques-uns de ces auteurs ont en outre réfléchi à la traduction littéraire, ce qui constitue autant d’avenues pour mieux saisir la cohérence de leur œuvre.

Contexte

section icon Thème du congrès 2014 (82e édition) :
La recherche : zones de convergence et de créativité
manager icon Responsables :
Annie Tanguay
section icon Date : 16 mai 2014

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