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Mourad Boussetta : Université Laval
Le périple d’Ulysse, le héros de l’Odyssée d’Homère, sur l’île des Lotophages marque de nos jours la réalité et le quotidien de l’île de Jerba, considérée par plusieurs historiens comme étant l’île dont parlait le mythe. Des hôtels (Ulysse palace+Tours+Resort), le festival international Jerba Ulysse, la station de radio Ulysse Fm, rappellent le voyage mythique et reflètent le discours officiel de l’État. Le mythe glorifié de la sorte occulte une mémoire jerbienne défectueuse (la communauté juive se réduit à quelques centaines, disparition de la nomenclature berbère des lieux, dégradation du patrimoine architectural judéo-berbère). Les membres de la communauté berbère et juive vont entreprendre une revalorisation culturelle à l’antithèse du discours étatique : construction du Musée des traditions au village berbère de Guellala par des entrepreneurs locaux, ouverture de la synagogue l’Ghriba aux touristes amenés par des chauffeurs (de taxi)/guides. En 2012 s’est tenue la première version du festival du printemps amazighe (berbère) à Guellala. Tous ces exemples démontrent l’effort de résilience culturelle face à une occultation que je qualifie du syndrome d’Ulysse étant donné que, via le tourisme, l’État a visé l’homogénéisation culturelle des tunisiens sous un ethnos nationaliste qui se proclame du socialisme, du panarabisme et de la carthageneité. La révolution de 2011 conjuguée à la crise du tourisme va encore rouvrir -mais violemment- la question de « qui sommes-nous »?
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