Veuillez choisir le dossier dans lequel vous souhaitez ajouter ce contenu :
Membre a labase
Amélie Charbonneau : Université Laval
La position des lesbiennes, au confluent du sexisme et de l'hétérosexisme, permet d'envisager l'articulation de ces deux systèmes d'oppressions. Pour mon mémoire de maîtrise, j'explore des publications de la presse LGBT afin de mettre en lumière l'impact de la position particulière des lesbiennes sur les représentations sociales de ces dernières véhiculées dans les médias LGBT.
Comme certains auteurs en ont fait le constat, le mouvement LGBT se présente comme étant « pour hommes blancs seulement ». La presse LGBT, bien inscrite dans ce mouvement, n'y échappe pas. M'inscrivant dans les études féministes, l'apport des études sur la diversité sexuelle m'amène à cerner plus de subtilités lors de l'analyse de mon corpus. Ce dernier est constitué de six revues (bi-)mensuelles gratuites distribuées au Québec qui disent s'adresser à la communauté LGBT.
Ma proposition pour le colloque « Féminismes et luttes contre l'homophobie : zones de convergence » est, dans un premier temps, d'exposer la problématique et le cadre théorique de mon mémoire en clarifiant les points de rencontre entre les champs d'études féministes et queer. Leurs contributions au concept de genre, par exemple, m'ont permis d'envisager les notions de division et hiérarchisation plus aisément. Ensuite, après avoir décrit mon processus d'analyse, je dresserai un portrait des résultats obtenus, comme la faible proportion d'articles concernant les lesbiennes et les termes les plus fréquemment utilisés pour les décrire.
En 1903, à Berlin, Anna Rueling appelait le mouvement homosexuel et le mouvement des femmes à s’entraider puisque tous deux luttaient pour la liberté et l’autodétermination individuelle. Un siècle plus tard, quelles convergences peut-on observer entre féminismes et luttes contre l’homophobie? Sur le plan de la pensée, quels rapprochements contemporains peut-on identifier entre le champ des études féministes et celui de la diversité sexuelle et de genre? Comment s’articule l’intersection entre ces deux systèmes de différenciation hiérarchique que sont le sexisme et l’hétérosexisme? Quels théories et concepts y circulent de manière transversale, et avec quelles redéfinitions? On pense entre autres au concept central de genre, défini tantôt comme système de domination des hommes sur les femmes, tantôt comme identité ou expression de soi. Par ailleurs, alors que certaines études empiriques montrent l’imbrication des processus de (re)production des normes de genre et de celles établissant la supériorité de l’hétérosexualité, comment les luttes féministes pour déconstruire les stéréotypes de genre et les interventions contre l’homophobie s’arriment-elles, ou non, sur le terrain? Assiste-t-on à une vague féministe qui intègre la diversité sexuelle? La réciproque existe-t-elle du côté de la militance anti-homophobie (ou anti-LGBT-phobies)? Sur le plan historique et sur celui des luttes, la lesbophobie présente dans la société et dans les groupes de femmes constitue-t-elle une donnée incontournable ou un ressort important de réflexion? On n’a qu’à penser à l’imaginaire lesbophobe nourrissant les idées reçues sur les féministes comme leur décalage d’avec les normes esthétiques dominantes, leur comportement masculin ou la violence « virile » de leurs protestations. Le colloque veut stimuler les échanges autour de ces questions.
Titre du colloque :
Thème du colloque :