Veuillez choisir le dossier dans lequel vous souhaitez ajouter ce contenu :
Membre a labase
Béatrice Halsouet : UQAM - Université du Québec à Montréal
Le
rite de Dasaī est majeur dans le calendrier népalais et a été élevé au
rang de « fête nationale du Népal » (Lecomte-Tilouine et Krauskopff,
1996, p. 9). Il s'étire sur dix jours et se décompose en neuf nuits de rituels
(navaratri) en l'honneur de Durgā, selon des prescriptions quotidiennes
précises, et en un dixième jour, Vijaya Daśamī, en hommage à la même déesse,
victorieuse d'un démon. Ce rituel tel que fêté au Népal est associé à la
famille par Toffin (1993), mais est surtout décrit comme une « vaste
construction rituelle» destinée à assoir le pouvoir du roi sur la variété ethnique
et linguistique du Népal par Krauskopff et Lecomte-Tilouine (1996).
Toutefois,
comment ces pratiques et leurs significations s'actualisent-elles au Québec, en
contexte de migration ? Particulièrement à Saint-Jérôme, comment des réfugiés
bhoutanais népalophones, réinstallés au Québec après vingt ans passés dans des
camps au Népal, vivent-ils ces dix jours de rituel ?
L’étude des rites constitue un champ de recherche qui transige avec toutes les disciplines des sciences humaines et sociales. Depuis le début du siècle dernier, plusieurs spécialistes ont développé diverses perspectives théoriques sur les rites (Durkheim, Mauss,Van Gennep, Reik, Turner, Douglas, Levi Makarius, Cazeneuve, Isambert, Grimes, Bell, Hall, Bourdieu, Goffman, Martens, Balandier, Rivière, Thomas, Maisonneuve, Girard, Segalen, Fellous, Cyrulnik, Wulf, etc.). Il ressort de leurs travaux que les rites ne peuvent plus être considérés commedes actes aliénants, mécaniques et figés. Ces auteurs ont plutôt mis en évidence leur univers symbolique très riche. Éliade, Caillois, Durand, Isambert et Sperber (156-159) se sont notamment intéressés au sémantisme de cette dimension symbolique. Bourdieu de son côté a reconnu qu’ils sont des actions hautement significatives dans la mesure où ils rendent visible l’identité. Ils permettent l’acquisition progressive d’habitus, de comportements, d’attitudes, de dispositions d’esprit, etc. Plusieurs auteurs ont aussi analysé leur fonction sacramentelle en vue d’un rapport au sacré ou à une transcendance. De sa perspective sociologique, Goffman les analysait à travers ses descriptions des interactions sociales. D’autres auteurs plus contemporains, comme Gebauer et Wulf, ont relancé les études sur les rites en insistant sur leur performativité et leur transmission par mimétisme. Le champ des études sur les rites est donc largement ouvert et plusieurs approches théoriques s’y rencontrent. À cet égard, nous désirons rassembler des chercheurs de tous les horizons disciplinaires pour faire état des travaux les plus récents sur les rites.
Titre du colloque :
Thème du colloque :