pen icon Colloque
quote

Poésie et fantaisie dans le théâtre d'Anne Hébert entre 1952 et 1958

AT

Membre a labase

Annie Tanguay

Résumé de la communication

Anne Hébert reste poète même lorsqu'elle s'adonne à d'autres genres littéraires. Ses textes en prose sont empreints d'expressions et d'images que l'on retrouve dans les poèmes. Dans les années 1950, elle présente une pièce radiophonique, Les Invités au procès (1952), et un téléthéâtre, La Mercière assassinée (1958). Le premier texte est écrit au moment où Anne Hébert termine les derniers poèmes du recueil Le Tombeau des rois (1953) et les liens intratextuels entre ces écrits sont nombreux. Nous voudrons rendre compte du caractère fantaisiste des deux pièces. En 1964, lors d'une entrevue sur La Mercière assassinée, l'auteure précisait que « la fantaisie et la poésie sont très proches ». L'idée de la fantaisie lui vient sans doute du Salon de 1859 de Baudelaire, un écrivain qu'elle lit depuis les années 1930. Nous souhaitons ainsi montrer que différentes composantes des textes dramatiques, dont les chansons, le rapport incertain au temps et aux lieux, et certaines indications de mises en scène, participent au voile de mystère caractéristique de l'imaginaire hébertien.

Résumé du colloque

Plusieurs études théoriques portent sur l’évolution et les transformations des genres littéraires. Quelques historiens de la littérature se sont aussi penchés sur l’hybridité des genres, dont Michel Raimond (La crise du roman, 1966), Jean-Yves Tadié (Le récit poétique, 1978) et René Agostini (Théâtre poétique et/ou politique?, 2011). Mais qu’en est-il de la pratique des écrivains eux-mêmes? Quels sens dégager des voies qu’ils empruntent d’un genre à l’autre? Au Québec, en particulier, certains écrivains ont su imposer une voix singulière en poésie, tout en pratiquant d’autres genres littéraires. Jacques Brault, Hélène Dorion, Louise Dupré, Anne Hébert, François Hébert, René Lapierre et Fernand Ouellette, pour en fournir quelques exemples, s’adonnent tantôt à l’écriture de romans, tantôt à celle de poèmes, tantôt encore au théâtre ou à l’essai. Et, à l’intérieur de ces genres, la frontière entre prose et poésie est parfois mince. Qu’est-ce qui caractérise leur style, en prose comme en vers? Comment ressaisir leur voix poétique en prose? Quelles en sont les composantes langagières? Dans une telle perspective, nous proposons trois axes : 1) « Transferts du roman à la poésie et de la poésie au roman » : comment ces auteurs sont-ils passés du roman aux poèmes, et vice-versa? Il devient ainsi pertinent d’examiner les registres langagiers, les ruptures syntaxiques, l’univers mis en forme (réaliste, onirique, fantaisiste, etc.), voire la disposition des textes; 2) « Théâtre et poésie » : dans un espace dialogique, quelle est la place accordée au non-dit et aux silences? Le verbe prime-t-il sur l’action? Quels sont les impératifs de la mise en scène? 3) « Poésie et essai » : plusieurs de ces écrivains ont écrit des essais sur la création littéraire et la langue. Ils ont parfois réfléchi aussi à la place de la poésie dans leurs textes. Quelques-uns de ces auteurs ont en outre réfléchi à la traduction littéraire, ce qui constitue autant d’avenues pour mieux saisir la cohérence de leur œuvre.

Contexte

section icon Thème du congrès 2014 (82e édition) :
La recherche : zones de convergence et de créativité
manager icon Responsables :
Annie Tanguay
section icon Date : 16 mai 2014

Découvrez d'autres communications scientifiques

Autres communications du même congressiste :