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Rapports sociaux de sexe et hétérosexisme dans le Québec contemporain : les trajectoires adolescentes lesbiennes

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Christelle Lebreton

Résumé de la communication

Cette recherche doctorale a permis d'identifier, à partir du discours de jeunes lesbiennes québécoises, comment elles ont négocié l'apprentissage de leur sexualité et de leurs intérêts amoureux à l'adolescence, et de quelle manière leur environnement social et culturel a facilité ou complexifié leur cheminement. Plutôt qu'un stade développemental, l'adolescence représente un moment crucial de la construction identitaire des filles, un moment clé où la consolidation de l'identité de sexe/genre est étroitement reliée à la socialisation à l'hétérosexualité. Il ressort que la présomption de leur propre hétérosexualité constitue un obstacle important à la formation de l'identité sexuelle des jeunes lesbiennes. L'invisibilité du lesbianisme et les contraintes entourant l'engagement dans la sexualité des adolescentes renforcent les injonctions normatives à l'hétérosexualité et participent au développement d'un sentiment de déviance chez les jeunes lesbiennes, qui s'accompagne de conséquences négatives sur leur santé physique et psychologique. Ces résultats permettent de discuter le concept d'homophobie, notamment sur le plan de sa capacité à rendre compte de l'expérience des adolescentes lesbiennes.

Résumé du colloque

En 1903, à Berlin, Anna Rueling appelait le mouvement homosexuel et le mouvement des femmes à s’entraider puisque tous deux luttaient pour la liberté et l’autodétermination individuelle. Un siècle plus tard, quelles convergences peut-on observer entre féminismes et luttes contre l’homophobie? Sur le plan de la pensée, quels rapprochements contemporains peut-on identifier entre le champ des études féministes et celui de la diversité sexuelle et de genre? Comment s’articule l’intersection entre ces deux systèmes de différenciation hiérarchique que sont le sexisme et l’hétérosexisme? Quels théories et concepts y circulent de manière transversale, et avec quelles redéfinitions? On pense entre autres au concept central de genre, défini tantôt comme système de domination des hommes sur les femmes, tantôt comme identité ou expression de soi. Par ailleurs, alors que certaines études empiriques montrent l’imbrication des processus de (re)production des normes de genre et de celles établissant la supériorité de l’hétérosexualité, comment les luttes féministes pour déconstruire les stéréotypes de genre et les interventions contre l’homophobie s’arriment-elles, ou non, sur le terrain? Assiste-t-on à une vague féministe qui intègre la diversité sexuelle? La réciproque existe-t-elle du côté de la militance anti-homophobie (ou anti-LGBT-phobies)? Sur le plan historique et sur celui des luttes, la lesbophobie présente dans la société et dans les groupes de femmes constitue-t-elle une donnée incontournable ou un ressort important de réflexion? On n’a qu’à penser à l’imaginaire lesbophobe nourrissant les idées reçues sur les féministes comme leur décalage d’avec les normes esthétiques dominantes, leur comportement masculin ou la violence « virile » de leurs protestations. Le colloque veut stimuler les échanges autour de ces questions.

Contexte

section icon Thème du congrès 2014 (82e édition) :
La recherche : zones de convergence et de créativité
manager icon Responsables :
Line Chamberland
section icon Date : 16 mai 2014

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