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Géraldine Mossière : Université de Montréal
Les institutions
religieuses traditionnelles qui ont habituellement marqué les étapes du cycle
de vie (naissance, mariage, décès) ont perdu beaucoup de leur significativité
pour les Québécois. Pourtant, les observations montrent que les individus qui
font face à de tels tournants biographiques, en particulier ceux qui sont
confrontés au décès d'un proche, sont en quête d'une forme d'accompagnement qui
permettrait de donner sens à ces événements, tout en se disant athées,
agnostiques ou croyants sans allégeances religieuses. Bien qu'une part apparemment
croissante des Québécois en situation de deuil se montre réticente à confier à
un membre du clergé le volet spirituel ou religieux des funérailles, ils
souhaitent marquer l'événement de la mort à l'aide d'une forme de ritualité
permettant de gérer la phase de transition qu'implique le décès d'un proche. Bien
souvent dépourvus de socialisation et de ressources religieuses, ils manquent
toutefois d'outils symboliques pour organiser un tel rituel.
À partir d'un terrain ethnographique mené en 2013 auprès
de salons funéraires du Québec et d'entrevues réalisées avec des personnes endeuillées,
nous montrerons que les rituels de deuil constituent à l'heure actuelle un
espace de liberté et de créativité personnelles qui se décline autour de la
catégorie générique du « spirituel ».
L’étude des rites constitue un champ de recherche qui transige avec toutes les disciplines des sciences humaines et sociales. Depuis le début du siècle dernier, plusieurs spécialistes ont développé diverses perspectives théoriques sur les rites (Durkheim, Mauss,Van Gennep, Reik, Turner, Douglas, Levi Makarius, Cazeneuve, Isambert, Grimes, Bell, Hall, Bourdieu, Goffman, Martens, Balandier, Rivière, Thomas, Maisonneuve, Girard, Segalen, Fellous, Cyrulnik, Wulf, etc.). Il ressort de leurs travaux que les rites ne peuvent plus être considérés commedes actes aliénants, mécaniques et figés. Ces auteurs ont plutôt mis en évidence leur univers symbolique très riche. Éliade, Caillois, Durand, Isambert et Sperber (156-159) se sont notamment intéressés au sémantisme de cette dimension symbolique. Bourdieu de son côté a reconnu qu’ils sont des actions hautement significatives dans la mesure où ils rendent visible l’identité. Ils permettent l’acquisition progressive d’habitus, de comportements, d’attitudes, de dispositions d’esprit, etc. Plusieurs auteurs ont aussi analysé leur fonction sacramentelle en vue d’un rapport au sacré ou à une transcendance. De sa perspective sociologique, Goffman les analysait à travers ses descriptions des interactions sociales. D’autres auteurs plus contemporains, comme Gebauer et Wulf, ont relancé les études sur les rites en insistant sur leur performativité et leur transmission par mimétisme. Le champ des études sur les rites est donc largement ouvert et plusieurs approches théoriques s’y rencontrent. À cet égard, nous désirons rassembler des chercheurs de tous les horizons disciplinaires pour faire état des travaux les plus récents sur les rites.
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