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Mélinda Noblet : Université de Picardie Jules-Verne
Ces dernières années les avis scientifiques convergent pour dire que l'action climatique en matière d'adaptation ne peut se limiter à une approche centralisée et Top-Down (Adger et al., 2003, Ostrom, 2009, etc.). La gouvernance locale apparait de plus en plus comme étant l'échelon le plus opérationnel dans la gestion de l'adaptation. Pour autant, les processus de gouvernance tels qu'ils existent actuellement sont-ils aptes à gérer ce nouveau problème ? A travers une étude comparée des processus de décentralisation et des systèmes de gouvernance locaux entre deux pays contrastés : le Canada (Nouveau-Brunswick) et le Sénégal, nous pouvons montrer que la gouvernance locale au sens d'une autorité locale décentralisée, disposant d'un conseil élu, ayant le pouvoir et les moyens financiers et humains de mener des actions publiques pour sa collectivité n'existent pas ou presque dans les faits. Cette recherche menée dans le cadre de notre thèse de doctorat a privilégié l'utilisation d'une méthode qualitative (analyse documentaire, observations participantes et entrevues semi-dirigées). Après avoir rappelé de manière brève les aspects théoriques et conceptuels de la notion de gouvernance, en particulier son utilisation dans le domaine de l'environnement et du climat, nous traiterons des aspects institutionnels de la décentralisation et de la gouvernance locale au Canada et au Sénégal.
S’insérant dans une réflexion plus large sur le développement régional et territorial, ce colloque traite de l’apport de la recherche partenariale aux questions soulevées par les effets des changements climatiques en zones côtières et riveraines. Cette proposition s’inscrit dans le cadre de l’Alliance de recherche universités-communautés–Défis des communautés côtières (ARUC-DCC) de l’estuaire et du golfe du Saint-Laurent à l’heure des changements climatiques, dont les objectifs sont le renforcement des capacités de gouvernance et de résilience des collectivités côtières et riveraines.
Outre les résultats des processus d’accompagnement des collectivités dans l’élaboration de leurs plans d’adaptation, de résilience ou stratégique, nous présenterons les résultats originaux de l’étude longitudinale qui a été lancée par suite des grandes tempêtes de 2010. Cette étude cherche à comprendre les représentations sociales des effets des changements climatiques et environnementaux, et à mesurer les capacités de résilience en termes d’adaptation, d’auto-organisation, d’innovation sociale, d’acceptation, de recouvrement et d’apprentissages collectifs. Couvrant les territoires du Québec et du Nouveau-Brunswick, notre recherche nous permet d’effectuer une comparaison des résultats entre ces deux provinces et, ainsi, de tirer des leçons relatives aux modes de gestion et de gouvernance, et à la recherche partenariale pour traiter des problèmes d’adaptation.
Enfin, dans ce colloque, les fruits de la collaboration entre les chercheurs et les partenaires de terrain (outils, transfert, suivi, bonnes pratiques, etc.) seront présentés aux fins de discussion. Ces échanges permettront de consolider une vision interdisciplinaire des problèmes complexes engendrés par les changements climatiques pour les acteurs et les collectivités locales.