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Josée Nadeau : Université de Moncton
Il peut être difficile de distinguer un trouble d'apprentissage en lecture et un problème d'acquisition de la langue en milieu minoritaire car lorsque la performance des groupes minoritaires est comparée à la norme des tests, les résultats aux évaluations diagnostiques démontrent une sous-estimation des capacités des élèves si les scores seuils conventionnels sont utilisés.Le but de cette recherche réalisée auprès de 135 élèves de la 5e année (dont 51 dyslexiques) était donc d'adapter et de valider l'ODÉDYS (Outil de dépistage pour les dyslexies) pour une population francophone du Nouveau-Brunswick vivant en situation minoritaire. Les résultats indiquent qu'une version adaptée abrégée de l'ODÉDYS performe mieux auprès de la population ciblée que l'originale. L'ODÉDYS adapté abrégé présente de meilleurs items, de meilleures corrélations et une meilleure structure interne. Les sous-tests retenus détiennent un pouvoir significatif de classification et peuvent servir au dépistage de la dyslexie des élèves de 5e année. Ces sous-tests ont obtenu des preuves satisfaisantes de validité basée sur les relations avec d'autres variables. Les sous-tests mesurant les composantes sous-jacentes à la lecture (ex. : mémoire, attention visuelle) ont démontré un manque de pouvoir de classification et ont été éliminés. Les résultats indiquent que l'outil évalue plus que les voies phonologique et orthographique du modèle à double voie, pointant vers un modèle connexionniste ou neurocognitif.
La dyslexie est un trouble d’apprentissage de la langue écrite qui nuit à la réussite scolaire (Sprenger-Charolles et Colé, 2013). Au Québec, comme ailleurs dans le monde, la prise en charge des élèves dyslexiques représente un objet de réflexion autant dans les milieux de la pratique que de la recherche (CSE, 2008; Casalis et al., 2013; Daigle et al., 2012; Écalle et Magnan, 2010). En effet, les difficultés que rencontrent les élèves dyslexiques lors de l’apprentissage de la lecture et de l’écriture constituent des défis pour les chercheurs qui tentent de comprendre les obstacles que ces élèves doivent franchir, mais aussi pour les praticiens (enseignants, orthopédagogues, orthophonistes, psychologues) qui doivent évaluer ces élèves et intervenir pour leur permettre d’atteindre un niveau de compétence écrite nécessaire à la réussite dans toutes les disciplines scolaires. L’hypothèse la plus consensuelle qui rend compte de la trajectoire atypique des dyslexiques quant à l’apprentissage de la langue écrite se rapporte à un trouble phonologique (Ramus, 2007). Dans les langues alphabétiques comme le français, les connaissances phonologiques sont centrales dans l’apprentissage de l’écrit puisque le code écrit est basé sur le système phonémique de la langue orale (Catach, 2005). La phonologie n’est cependant pas le seul facteur à prendre en compte dans les évaluations et les interventions en classe. En effet, les propriétés non phonologiques du code orthographique, les capacités visuo-attentionnelles, les capacités de la mémoire de travail et la rapidité de traitement cognitivo-langagier sont aussi des variables à considérer (Bosse et al., 2007; Daigle et al., 2013; Ramus, 2007; Stanké, 2010). Ce colloque permettra d’aborder la situation des dyslexiques sous l’angle de ces différentes variables et à la lumière de travaux empiriques et théoriques récents, de manière à nourrir la réflexion des chercheurs et des professionnels préoccupés par l’avenir de ces élèves.
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