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Olivier Grimard : Université d'Ottawa
Les écoles sont les principales institutions chargées de produire les citoyens travailleurs de demain. Comme les écoles sont le premier agent de reproduction des classes dominantes (Bourdieu, 1980), il est possible de croire que dans un marché mondial où les inégalités sociales s'accentuent, la capacité d'intégration des minorités de ces institutions diminue. Au Canada, la population francophone a longtemps souffert d'un système scolaire qui les désavantageait et c'est d'ailleurs les populations francophones du Québec et de l'Ontario qui ont les taux d'abandon parmi les plus élevés au pays (Allaire et coll., 2005; Statistique Canada, 2014; Allaire et coll., 2005). Cependant, les études actuelles en matière de décrochage scolaire se sont penchées presque exclusivement sur les facteurs personnels et scolaires qui ont régi le parcours de ces jeunes, laissant souvent pour compte les dimensions socio-institutionnelles à l'origine de la problématique (Savoie-Zacj et Dolbec, 2007; Taylor, 2008). C'est donc en analysant les entretiens biographiques de 12 décrocheurs qui font un retour en formation professionnelle que nous chercherons à identifier et décrire les facteurs structurels et les processus sociaux qui ont poussé ces jeunes à sortir du système scolaire en Ontario et au Québec.
Ce colloque vise à mettre en lumière les situations des jeunes adultes inscrits en formation professionnelle (FP) dans un contexte où l’attention et les ressources importantes consacrées à la FP ne semblent pas produire les effets escomptés, en particulier au niveau secondaire.
Au cours de la dernière décennie, les gouvernements ainsi que les acteurs de l’éducation et du travail ont manifesté de grandes préoccupations à l’égard de l’accès, de la réussite et des débouchés en matière de FP. Malgré cela, les préjugés au sujet de la valeur de ce type de formation persistent et bon nombre d’élèves peinent à terminer leurs études. Il semble donc important aujourd’hui de s’attarder aux jeunes inscrits en FP et d’en apprendre davantage sur leurs parcours de vie avant, pendant et après leurs études, et sur la manière dont ces parcours se déploient en lien avec diverses formes de soutien, tant formel qu’informel (aide gouvernementale, intervention psychosociale, conseils en orientation, aides de proches et de la famille).
Reconnaissant que les épreuves personnelles, familiales, relationnelles et scolaires qui jalonnent les parcours des jeunes en général n’arrivent pas à être traversées seuls, sans soutien approprié, ce colloque s’intéressera de manière plus spécifique à la manière dont les jeunes inscrits en FP composent avec leurs difficultés. Le soutien dont ils ont besoin est-il toujours disponible et l’intègrent-ils à leurs parcours? Est-il concentré sur les dimensions scolaires ou englobe-t-il l’ensemble des dimensions du parcours de vie auxquelles s’attachent les difficultés des jeunes? Ou encore, est-il difficilement accessible, de telle sorte que la FP continue d’être pour plusieurs une voie de relégation?
Le colloque s’intéressera également aux effets de contexte sur les parcours de ces jeunes et sur les formes de soutien auxquels ils accèdent (ou pas) : catégories socioéconomiques, institutions fréquentées, types de régions, etc.