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Leila Ktari : Institut national des sciences et technologies de la mer
Dans le cadre de la recherche d'alternatives d'origines naturelles aux substances organostanniques présentes dans les revêtements antifouling et interdites depuis 2008 en raison de leur toxicité, les propriétés antifouling de l'algue brune Taonia atomari ont été étudiées. L'extrait organique de l'algue réalisé au dichlorométhane a été testé dans un premier temps au laboratoire sur des microrganismes marins pour déterminer l'activité algicide et antibactérienne. Les résultats du test algicide sur la diatomée foulante Navicula sp. montre une inhibition significative (>70%) à une concentration de 300μg/ml. De plus l'analyse de l'activité antibactérienne sur différentes souches révèle la présence de substance(s) active(s). Dans un second temps l'activité antifouling a été testée in situ. L'extrait d'algue a été incorporé à du vernis marin, peint sur des plaques en acier et immergé au niveau de deux sites en mer et ce afin d'évaluer l'activité en milieu naturel. Au bout de 48h d'immersion une nette activité antibactérienne a été observée au niveau du prélèvement du biofilm formé sur les plaques enduites d'extrait. Cette activité n'est plus obtenue après une semaine d'immersion. L'expérience in situ a été réalisée sur 28 jours et l'évolution du macrofouling a été observée de façon hebdomadaire. Les résultats obtenus sont encourageants et viennent conforter la possibilité d'utilisation des substances naturelles algales pour lutter contre le fouling en milieu marin.
Les bioressources et les extraits naturels sont une source de composés alimentaires et d’ingrédients bioactifs. En raison de leurs effets bénéfiques sur la santé, ils suscitent un vif intérêt auprès de la communauté scientifique ainsi qu’un nouvel engouement auprès de l’industrie et des consommateurs. Or, les grandes algues marines sont des végétaux qui ont connu une évolution distincte et, à ce titre, elles produisent des molécules originales qui ne se trouvent pas chez les végétaux terrestres. Les végétaux marins sont considérés comme une source majeure d’innovation par les industriels et les scientifiques des secteurs alimentaire, cosmétique et nutraceutique. Un des défis de cette industrie en émergence est d’avoir accès à des volumes d’algues suffisants et de qualité reproductible. Dans les pays de l’Atlantique Nord, la récolte dans les herbiers marins et le développement de l’algoculture s’inscrivent dans une double perspective de développement économique régional et de préservation des écosystèmes marins.
Ce colloque est divisé en deux sessions. La première, intitulée Exploitation des algues marines : stratégies d’approvisionnement durable, présente notamment les nouvelles méthodes de suivi des herbiers marins, les améliorations dans les stratégies de culture et l’évaluation des services environnementaux associés aux cultures d’algues.
La deuxième, par son thème Des algues marines aux aliments santé, est axée sur la valorisation de la bioressource macroalgale comme source de composés à effets bénéfiques sur la santé, dans une perspective de valorisation zéro déchet des biomasses récoltées.