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Monique Benoit : UQO - Université du Québec en Outaouais
La dépression, les troubles anxieux et les troubles alimentaires sont des problèmes fréquents chez les étudiants des Universités. Dans le cadre d'une recherche qualitative menée auprès de jeunes francophones de Sudbury, nous avons remarqué des situations de détresse psychologique amplifiées par la difficulté de faire face à l'usage de la langue française au sein d'une institution universitaire à vocation bilingue. Est-ce à cause de la situation géographique de Sudbury (région éloignée des grands centres urbains, ruralité, nordicité, paysage minier et présence d'une population francophone dont les enfants sont parmi les premières générations de jeunes scolarisés à avoir accédé à l'Université) ? Est-ce à cause de la situation universitaire où les services d'aide aux étudiants s'offrent surtout en anglais malgré le caractère bilingue de l'institution? Nous pensons que la double minorisation à la fois linguistique et culturelle (voir intellectuelle), le capital social lié à la tradition franco-ontarienne et le métissage très serré avec la population anglomajoritaire produisent un bilinguisme instrumental qui ajoute à l'anxiété associé à leur statut d'universitaires franco-ontariens. En conclusion, les participantes ont donné la priorité à un service d'aide de santé mentale bilingue et à l'accès à un psychologue. Nous verrons comment elles expriment ces choix et l'impact autodéclaré sur leur situation scolaire, leur santé physique et mentale.
La santé mentale et le recours au soutien dans les collectivités de langue officielle en situation minoritaire (CLOSM) s’inscrivent dans un contexte juridique et socioculturel où le rapport à la langue et les relations entre les groupes linguistiques figurent dans la façon dont un individu raconte sa détresse dans le langage de son cœur. C’est dans cet esprit que les conférenciers de ce colloque se sont engagés pour bien articuler les réalités des CLOSM en matière de santé mentale et de soutien. Les chercheurs ont conjugué le rapport à la langue, les relations entre les groupes linguistiques de la région et les questions de la santé mentale. Le colloque repose sur les réalités de l’un des groupes CLOSM les plus vulnérables au Canada, soit les jeunes adultes. Plus de 75 % des problèmes de santé mentale apparaissent entre l’adolescence et le début de l’âge adulte (Santé Canada, 2002). Le colloque permet de préciser les facteurs qui précarisent et qui protègent le bien-être psychologique à un moment fragile dans la vie des membres issus des CLOSM. D’abord, le colloque permet d’examiner la question de la santé mentale sous l’angle des droits et du mieux-être de l'enfance. Suivra une analyse psychosociale de la santé, qui peut rendre compte des disparités en matière de santé mentale et d’accès aux ressources des francophones hors Québec. Enfin, le colloque permet de saisir comment le vécu langagier, la culture et la santé psychologique se conjuguent et permettent ou non d’accéder à des soins de santé psychologique de qualité. Les contributions serviront à documenter les problèmes vécus par les francophones évoluant en contexte minoritaire quant à la gestion et à la prestation des services de santé psychologique. Les résultats offrent un éclairage nouveau sur les moyens de droit et de prévention en matière de santé psychologique qui répondent aux spécificités des groupes vulnérables situés dans différentes régions du Canada.