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Chantal Ouellet : UQAM - Université du Québec à Montréal
L'intensification des apprentissages par la lecture est une des particularités des études postsecondaires. Au collégial, la lecture poserait problème à environ un étudiant sur trois (Gunning, 2010). Parallèlement, de plus en plus d'étudiants, présentant des besoins particuliers, fréquentent les cégeps et éprouvent des difficultés de compréhension qui s'accentuent avec la variété et la complexité des textes utilisés. La compréhension en lecture est un processus complexe durant lequel un bon lecteur doit appliquer une variété de stratégies de compréhension, peu importe le type texte qui lui est présenté. Notre projet de recherche-action formation visait l'implantation, dans deux cégeps québécois, d'une approche éprouvée favorisant la compréhension de lecture. Avant cette implantation, nous avons voulu identifier, au moyen d'entretiens semi-dirigés, les difficultés que comportent les textes utilisés au collégial dans différents programmes d'études, tant du point de vue des enseignants que des étudiants. Nous ferons état des résultats obtenus à la suite d'analyses qualitatives. Ces résultats nous éclairent sur les défis auxquels font face les étudiants lors de la lecture de textes complexes, mais aussi leurs enseignants qui doivent composer avec des groupes de plus en plus hétérogènes. Ces nouvelles connaissances contribuent à l'importance d'intégrer à l'enseignement au collégial, dans différentes disciplines, des pratiques favorisant la compréhension de lecture.
Depuis 2012 les recherches sur l’enseignement-apprentissage de la lecture et de l’écriture en termes d’efficacité occupent une place importante. Le colloque s’inscrit dans cette lignée scientifique. Il explore les difficultés rencontrées au cours du lire-écrire tout en proposant des remédiations efficaces issues d’expérimentations : stratégies, outils (Granger, Dubé), dispositifs didactiques en lecture-écriture et en orthographe (Briquet; Guihard-Lepetit; Boultif; Lavoie, Morin; Cayouette, Chatenoud, Turcotte), littératies multimodales (Boucher) ou viser la compréhension en lecture (Bessette, Ouellet, Boultif, Dubé). Les communicants croiseront ainsi des publics d’élèves différents quant à l’âge et au cursus, dans le but affiché de viser des retombées sociales en termes de remédiations efficaces pour les élèves, mais aussi en matière de développement professionnel des enseignants.
Jusqu’en 1995, la didactique du français a tenté d'améliorer la qualité de l’enseignement en concevant des contenus en accord avec ses cadres théoriques (Goigoux, 2002). Puis, la description des pratiques a remplacé cette dernière. Trois problématiques ont alors fait l’objet de recherches : les interactions didactiques et la reconstruction des objets enseignés; la transposition didactique et la modélisation de l’enseignement (Sensévy, 1998) alliant didactique, pédagogie et activité professionnelle. À partir de 2008, les recherches accordent davantage de place à l’efficacité enseignante soit dans l’analyse de celle-ci (Sensévy, 2009), soit dans la prescription (Theriault, 2012). Les recherches sur l’effet de l’enseignant vont montrer que le facteur influençant le plus les performances des élèves est l’enseignant et ses pratiques. Même si l’élève en difficulté demeure au centre des préoccupations (Cèbe, Goigoux, 1999, 2003; Bautier, Goigoux, 2004), on constate que déontologiquement les recherches s’orientent davantage vers les pratiques enseignantes sur le plan de l’efficacité (Bianco, Bressoux, 2009; Bissonnette, Richard, Gauthier, Bouchard, 2010; Bocchi, 2011). Les observations des pratiques de classe vont ainsi s’attacher aux interactions entre enseignant et élèves, et à l’action du professeur à destination des élèves dits « moyens ». Ces pratiques sont particulièrement déterminantes afin que ces élèves intègrent plus tard le groupe des lecteurs-scripteurs compétents plutôt que celui des élèves en difficulté. Depuis 2012, ce sont donc les recherches sur l’enseignement-apprentissage de la lecture et de l’écriture en matière d’efficacité qui occupent une place importante. Toutefois, de nombreuses études sont également concernées par l’apprentissage de la lecture et ses difficultés (remédiation, prévention, mesure des progrès, les coûts…) dans des domaines aussi variés que les sciences de l’éducation et du langage, la psychologie cognitive et les neurosciences (Brodeur, 2008; Bégin, Saint-Laurent, Giasson, 2010; Dion, Roux, Dupéré, 2011).
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