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Stéphane Couture : Université de Montréal
Cette communication présente certains résultats de la première phase d'une recherche sur l'impact socio économique des logiciels libres au Québec.
Une première phase visait à élaborer un cadre d'analyse des politiques favorables aux logiciels libres. Nous voulions identifier les différents facteurs, indicateurs et politiques, puis recenser des approches d'analyse quantitative. Nous avons rencontré des personnes œuvrant dans le milieu du logiciel libre pour ancrer l'analyse dans le contexte québécois, identifier des facteurs et des variables à considérer pour analyser l'impact des logiciels libres et développer des scénarios de politiques gouvernementales pouvant servir à une analyse ultérieure. Ces entretiens ont fait ressortir différents bénéfices perçus des logiciels libres, tels que la réduction des coûts sur le moyen et le long terme, le développement d'une expertise locale, le rayonnement international et l'autonomie technologique. Les entretiens ont permis d'identifier des scénarios de politiques gouvernementales qui pourraient être mises en place ou faire l'objet d'une analyse ex ante de leur impact possible.
La seconde étape consistait en une recension des écrits scientifiques abordant les modèles d'analyse quantitative de l'impact socio-économique des politiques, notamment celles concernant les logiciels libres. L'étude se concluait par différentes recommandations.
La présentation fera un bref tour d'horizon de cette étude en faisant ressortir ses principales conclusions.
Le Québec fait face à des défis budgétaires et sociaux majeurs (dette publique importante, pyramide démographique « inversée », explosion des coûts sociaux et de santé, renouvellement de la main-d’œuvre et risque de perte d’expertise qui en découle). Le gouvernement du Québec, comme d’autres administrations publiques dans le monde, veut économiser. Il cherche à transformer ses façons de faire et à dégager une marge de manœuvre. C’est dans ce contexte qu’une nouvelle possibilité semble se présenter : passer à l’utilisation des logiciels libres (open source) et ainsi récolter des avantages directs (coûts moindres) et indirects (adhésion aux standards ouverts, etc.).
Le 21 septembre 2013, Le Soleil titrait : « Logiciel libre : Québec aurait pu économiser 265 millions $ ». En fait, on avançait que si on remplaçait tous les logiciels propriétaires par leur équivalent « libre », on aurait économisé 265 millions de dollars en licences. À cela, on ajoutait que « l’usage des logiciels libres permettrait de briser le cercle de dépendance vis-à-vis des technologies propriétaires, […] de dynamiser le secteur informatique au Québec et de recréer une expertise interne au gouvernement dans ce domaine. » Tous ces avantages sont alléchants, mais certains soutiennent que le logiciel libre est souvent moins mature, performant, fiable, etc. D’autres affirment que les économies sur les coûts des licences sont annulées par ceux de la main-d’œuvre. D'autres encore apportent des arguments positifs (disponibilité du code source, possibilité d’adapter le logiciel) ou négatifs (lourdeur des applications, pertes de productivité des usagers, etc.).
L’objectif de ce colloque est de réunir des personnes concernées et intéressées par le processus d’intégration des logiciels libres dans les systèmes d’information et les processus gouvernementaux afin de partager leurs connaissances et leurs résultats de recherches, et de discuter des principaux champs de recherche à développer dans ce secteur aux niveaux micro, méso ou macro. En effet, il nous semble capital d’avoir une vision élargie de cette intégration du logiciel libre. C’est aussi pour cette raison que les propositions relatives à l’adoption du logiciel libre dans l’entreprise privée (qui pourraient inspirer le domaine public) seront considérées.
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