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Bruno SUCHAUT : Unité de recherche pour le pilotage des systèmes pédagogiques
L'utilisation du temps d'enseignement est une question essentielle en matière de politique éducative et plus spécifiquement en ce qui concerne la prévention de la difficulté scolaire. Une composante fondamentale de l'efficacité pédagogique est la capacité que peut avoir l'enseignant à engager les élèves durablement sur des tâches d'apprentissage. Or,le volume de temps disponible, principalement celui pendant lequel l'élève est engagé sur la tâche, est souvent insuffisant pour permettre aux écoliers les plus fragiles d'aborder l'apprentissage de la lecture dans de bonnes conditions. Sur la base d'expérimentations récentes et en cours développées dans le contexte français, cette communication rend compte d'organisations pédagogiques permettant d'optimiser le temps d'apprentissage des élèves faibles. La première condition d'efficacité de ces dispositifs trait à l'organisation de l'enseignement en petits groupes d'environ cinq élèves, de niveaux homogènes et dont la composition peut évoluer au fil du temps selon les rythmes de progressions individuels. La seconde condition est liée à la démarche pédagogique mobilisée qui utilise un enseignement de type direct, structuré et explicite des compétences visées avecl'adéquation des exercices au niveau des élèves.L'évaluation des effets des expérimentations menées sur de larges échantillons d'élèves tend à montrer qu'il est possible de relever le défi de l'échec précoce en optimisant le temps d'apprentissage avec des dispositifs adéquats.
Les changements curriculaires de la dernière décennie, tels que le ou les socles de compétences, par exemple, ont fait passer l’école et ses acteurs d’une logique d’obligation de moyens (scolariser tous les enfants) à une quasi-obligation de résultats (amener tous les élèves aux compétences du ou des socles). En concomitance, les systèmes éducatifs des pays industrialisés francophones visent une moindre orientation dans l’enseignement spécialisé ainsi qu’une limitation des redoublements.
Présentement, quand des ressources sont attribuées pour l’aide aux élèves en difficulté, elles sont orientées vers les classes régulières, non vers la création de classes spécialisées. Le coenseignement et le dispositif français « plus de maîtres que de classes » sont typiques de cette tendance.
Il s’agit, dans ce symposium, de documenter la question de l’« aide aux élèves », qu’elle prenne la forme de dispositifs financés par l’argent public ou de dispositifs imaginés par les enseignants dans l’intimité des classes ou dans l’interclasse. Se pose la question de leur articulation à la conduite ordinaire de classe ainsi que celle des nécessités (et déterminations) auxquelles ils répondent comme celle des effets produits sur l’apprentissage des élèves, sur l’évolution des pratiques et sur le développement professionnel des enseignants. Ce ne sont là que quelques-unes des questions légitimes posées par cette inflexion réelle ou apparente de l’organisation éducative.
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