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Brigitte Stanké : Université de Montréal
Les recherches des trois dernières décennies ont tenté de cerner les facteurs cognitifs responsables de la dyslexie-dysorthographie développementale (DDD). Un facteur largement reconnu implique une capacité de traitement phonologique diminuée alors qu'un second facteur concerne un déficit de la capacité visuoattentionnelle. Toutefois, ces deux hypothèses ne permettent pas d'expliquer l'ensemble des DDD puisqu'environ 20 % d'entre eux ne présentent aucun de ces deux déficits. Cette communication a pour objectif de présenter les résultats préliminaires d'une étude montrant que la capacité de la mémoire lexicale orthographique (MLO) joue un rôle important dans la DDD. Des comparaisons de groupes ont été menées pour vérifier l'existence de différences entre la capacité de MLO des adolescents présentant une DDD et celle de deux groupes d'élèves typiques. Ces comparaisons démontrent que les élèves présentant une DDD ont une faible capacité de MLO par rapport à leurs pairs de même âge et de même niveau orthographique. Environ 10 % d'entre eux présentent un déficit isolé, soit du processus d'encodage ou du processus de maintien à long terme de la MLO, tout en ayant de bonnes capacités de traitement phonologique et visuoattentionnelle. Ces résultats suggèrent qu'un trouble isolé de la MLO pourrait être à l'origine des troubles de lecture et d'orthographe d'un sous-groupe de DDD. Les conséquences d'un tel déficit sur l'apprentissage de la lecture et de l'orthographe seront présentées.
La dyslexie est un trouble d’apprentissage de la langue écrite qui nuit à la réussite scolaire (Sprenger-Charolles et Colé, 2013). Au Québec, comme ailleurs dans le monde, la prise en charge des élèves dyslexiques représente un objet de réflexion autant dans les milieux de la pratique que de la recherche (CSE, 2008; Casalis et al., 2013; Daigle et al., 2012; Écalle et Magnan, 2010). En effet, les difficultés que rencontrent les élèves dyslexiques lors de l’apprentissage de la lecture et de l’écriture constituent des défis pour les chercheurs qui tentent de comprendre les obstacles que ces élèves doivent franchir, mais aussi pour les praticiens (enseignants, orthopédagogues, orthophonistes, psychologues) qui doivent évaluer ces élèves et intervenir pour leur permettre d’atteindre un niveau de compétence écrite nécessaire à la réussite dans toutes les disciplines scolaires. L’hypothèse la plus consensuelle qui rend compte de la trajectoire atypique des dyslexiques quant à l’apprentissage de la langue écrite se rapporte à un trouble phonologique (Ramus, 2007). Dans les langues alphabétiques comme le français, les connaissances phonologiques sont centrales dans l’apprentissage de l’écrit puisque le code écrit est basé sur le système phonémique de la langue orale (Catach, 2005). La phonologie n’est cependant pas le seul facteur à prendre en compte dans les évaluations et les interventions en classe. En effet, les propriétés non phonologiques du code orthographique, les capacités visuo-attentionnelles, les capacités de la mémoire de travail et la rapidité de traitement cognitivo-langagier sont aussi des variables à considérer (Bosse et al., 2007; Daigle et al., 2013; Ramus, 2007; Stanké, 2010). Ce colloque permettra d’aborder la situation des dyslexiques sous l’angle de ces différentes variables et à la lumière de travaux empiriques et théoriques récents, de manière à nourrir la réflexion des chercheurs et des professionnels préoccupés par l’avenir de ces élèves.
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