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Birgit FRAUSCHER : Université McGill
Chez l'humain, les générateurs neuronaux intracrâniens des fuseaux de sommeil sont surtout connus à partir de la neurophysiologie non invasive et de l'imagerie fonctionnelle qui en donne une estimation indirecte. Cette limitation peut être contournée par les enregistrements électroencéphalographiques (EEG) intracrâniens chez les patients épileptiques permettant l'étude de l'activité neuronale in situ. Nous avons étudié les corrélats intracrâniens des fuseaux à partir d'acquisitions simultanées d'EEG de scalp et intracrâniens, ainsi que les corrélats entre les fuseaux observés dans l'hippocampe et dans l'insula. Les fuseaux sur le scalp étaient accompagnés d'une augmentation de la puissance en sigma sur une grande surface corticale: l'augmentation la plus élevée a été observée dans les régions corticales frontoparietales latérales et mesiales alors que l'activité dans les régions temporo-mésiales et latérales n'augmentaient pas ou peu. L'activité intracrânienne pendant les fuseaux sur scalp n'a pas exhibée de patron stable, tout en révélant une faible synchronie entre les régions cérébrales. Les fuseaux observés dans l'hippocampe étaient plus courts et plus focaux, avec une faible synchronie dans les régions temporales (résultats similaires dans l'insula). Ces travaux suggèrent que la génération des fuseaux est influencée par une activité corticale focale, remettant en question la notion d'une origine plus globale engageant la synchronie d'oscillations à grande échelle.
Les périodes de sommeil lent constituent plus de 75 % du sommeil. L’électroencéphalogramme en sommeil lent se caractérise principalement par deux types d’oscillations : les fuseaux de sommeil (train d’ondes entre 12 et 15 Hz) et les ondes lentes (< 4 Hz). Ces oscillations jouent un rôle important dans la protection du sommeil vis-à-vis de perturbations et dans la capacité du cerveau à s’adapter à de nouvelles expériences (plasticité cérébrale). Les oscillations en sommeil lent ont des caractéristiques individuelles importantes, mais sont également modulées par plusieurs facteurs environnementaux tels le nombre d’heures d’éveil précédant l’épisode de sommeil, l’apprentissage et certains agents pharmacologiques comme la caféine ou les benzodiazépines. Les chercheurs participant à ce colloque présenteront des données récentes identifiant certains mécanismes moléculaires, électrophysiologiques et cérébraux qui sous-tendent la production des oscillations en sommeil lent ainsi que leurs fonctions. De nouveaux développements méthodologiques dans la détection automatisée des oscillations en sommeil lent et dans les mesures de connectivité cérébrale associée à ces oscillations seront aussi discutés. Plusieurs questions clés restant à éclaircir seront également abordées par les chercheurs, étudiants et cliniciens. Par exemple, les différences individuelles des caractéristiques des oscillations en sommeil lent sont-elles héréditaires et sont-elles associées aux capacités cognitives? Les caractéristiques des oscillations en sommeil lent peuvent-elles prédire le développement d’une démence? Quels mécanismes cérébraux expliquent les changements marqués des oscillations en sommeil lent avec l’âge? Comment ces oscillations sont-elles perturbées chez les patients souffrant d’insomnie? Peut-on les moduler afin de mieux consolider la mémoire au cours du sommeil? Cette session aura une portée autant dans le domaine clinique que dans celui des neurosciences.
Titre du colloque :