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France Beauregard : Université de Sherbrooke
L'exclusion est la marginalisation d'un individu ou d'un groupe d'individus par un autre individu ou autre groupe d'individus. Cette exclusion est souvent aléatoire et associée à un caractère pour lequel l'individu ou le groupe n'a pas de contrôle : déficience, couleur de la peau, milieu socio-économique, orientation sexuelle, etc. Des chercheurs (Fougeyrollas, 1999; Mc Andrew, 2002; Stainbach et Stainbach, 1984) ont proposé un changement de paradigme en mettant de l'avant différents concepts qui visent l'inclusion sociale de tous (inclusion scolaire, processus de production de handicap, participation sociale, diversité culturelle, antiracisme, etc.). Ainsi, des définitions, des conditions, des programmes, des pratiques favorisant cette inclusion ont été élaborés et mis de l'avant (Legault et Rachdi, 2008; Levasseur, 2010; Rousseau et al., 2014). D'un autre côté, des personnes observent que l'inclusion qui ne reconnait pas leurs différences amène également son lot d'exclusion (Ferenc, 2013; Gaucher, 2013). Ils considèrent que seuls les membres de leur communauté peuvent comprendre. Cette vision est pourtant perçue comme de l'autostigmatisation (Gagné, 2013). Cette communication se veut donc une réflexion sur l'interprétation de la terminologie utilisée et les confusions possibles. Enfin, l'apport que le concept de valorisation des rôles sociaux pourrait avoir dans cette réflexion sera examiné.
L’éducation est considérée comme l’une des clés du développement inclusif et durable d’une société. Cependant, les systèmes éducatifs sont traversés par des inégalités persistantes qui peuvent donner lieu à l’exclusion d’apprenants appartenant à certains groupes sociaux minoritaires et ainsi mettre en péril cet idéal inclusif. Bien que le phénomène de l’exclusion puisse être appréhendé sous l’angle de la non-scolarisation de certains élèves ou encore de la non-participation régulière ou continue à un programme scolaire, l’UNESCO (2014) définit l’exclusion sous un angle beaucoup plus large, soit comme « un processus de rupture du lien social, de désaffiliation, au cours duquel l’individu perd peu à peu les liens tissés avec d’autres individus ou des groupes d’individus. L’exclusion se construit par des ruptures successives, elle est rarement totale. » Ainsi, des structures, processus et pratiques éducatives qui ne répondent pas aux réalités et besoins de tous les apprenants peuvent constituer également des formes d’exclusion. Dans ce sens, il devient impératif de reconnaître et d’agir sur les processus qui y mènent, c’est-à-dire de « réduire le nombre de ceux qui sont exclus de l’éducation ou au sein même de l’éducation » (UNESCO, 2009, p. 9). En ce sens, exclusion et inclusion ne sont pas considérées ici comme des phénomènes opposés puisque plusieurs formes d’ostracisme peuvent être observées dans un contexte inclusif. Ainsi, que ce soit dans les politiques et encadrements, les structures éducatives et modèles de services, les pratiques des acteurs du monde de l’éducation entre eux ou envers les apprenants ou encore les relations entre ces derniers, des facteurs de rejet peuvent entraver l’atteinte d’une éducation pour tous. Ceux-ci méritent une attention particulière de la part des chercheurs; toutefois, la recherche en éducation tend à se centrer sur la question de l’inclusion en reléguant au second plan celle de l’exclusion. Ce colloque, coorganisé par l’axe « Éducation et rapports ethniques » du Centre d’études ethniques des universités montréalaises (CEETUM) et le Laboratoire international sur l’inclusion scolaire (LISIS), vise à contribuer à la clarification des défis et enjeux de la recherche autour des thématiques de l’inclusion et de l’exclusion dans les systèmes éducatifs, à partir de multiples regards, et à dégager des pistes d’action pour mieux parvenir à l’inclusion.
Thème du colloque :