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Licia Soares De Souza : UQAM - Université du Québec à Montréal
Nous analysons quelques représentations de Montréal qui devient de plus en plus un lieu d'écriture dans la littérature québécoise contemporaine. Considérant que la ville est un espace physique et palpable avec ses limites géographiques, la tension entre fragmentation et unité urbaine impose une visée privilégiée des espaces urbains dans lesquels s'entrecroisent des foyers culturels spécifiques. Le discours fictionnel rend compte d'un territoire citadin capable de mettre en relation des lieux variés de formations culturelles, de telle sorte que la perspective géographique, qui incorporera les enchâssements des thèmes identitaires, sera assortie d'une confrontation entre certaines figures spatiales de la ville : Montréal poétique (La vie en prose, 1980), Montréal de la contreculture et des avant-gardes artistiques (Vamp, 2004), des immigrés et des gangs de rue (Côte-des-Nègres, 1998, Le souffle de l'Harmattan, 1986), des itinérants, squatteurs et braconniers (Squeegee, 2003, Les étoiles jumelles, 2005), des suicidaires en série (Paradis. La clef en main, 2009), compagne et amante (Mon Montréal à moi, 2004). Il s'agira ensuite non seulement de croiser les regards pour montrer les ressemblances et les différences des figures spatiales, mais aussi de mettre en évidence les transformations de la représentation physique du lieu par les perceptions intimes des énonciateurs, témoignant d'une expérience vécue par un processus créateur, apte à présenter des balises d'une géopoétique urbaine.
Ce colloque explore les relations littéraires interaméricaines à partir d’une perspective comparatiste entre le Québec et le Brésil, centrée sur des approches théoriques des représentations littéraires de l’espace.
Il s’agit d’interroger les relations entre expérience, perception et écriture de l’espace pour mieux dégager les stratégies d’investissement symbolique auxquelles les productions littéraires québécoises et brésiliennes ont recours. Le corpus pourra également intégrer des productions cinématographiques. L’analyse de la figuration spatiale permettra d’identifier l’imaginaire des grands espaces (l’Amazonie brésilienne, le Nord québécois et le Sertão brésilien) ainsi que celui d’espaces urbains (micro-espaces carcéraux, favelas, quartiers délabrés) ou frontaliers (réserves autochtones au Québec et au Brésil).
L’examen des processus de (re)signification des espaces de référence dans le discours fictionnel repose sur différentes approches critiques de la représentation de l’espace qui produisent des champs discursifs et des concepts spécifiques dont le colloque cherchera à examiner la portée théorique. Pour ce faire, la réflexion s’organisera autour de trois principaux axes qui explorent les relations entre la littérature et la géographie :
1) Perspective géopoétique qui privilégie la mise en scène de trajectoires erratiques et s’appuie sur une grammaire du cosmos et sur des figurations d’espaces illimités;
2) Perspective géocritique qui explore les rapports entre « géographie du réel » et « géographie de l’imaginaire »;
3) Perspective du « braconnage » qui part de la notion d’habitabilité psychique pour cerner les paysages de la subjectivité dans des territoires précaires ainsi que les tactiques subversives d’appropriation du lieu.
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