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Hélène Destrempes : Université de Moncton
Dans un essai intitulé Clés pour le paysage (2006), Pierre Donadieu et Michel Périgord expliquent le rôle fondamental de la représentation dans le passage du lieu au paysage : le lien qui existe entre les deux, «c'est l'image» (94) affirment-ils, car cette dernière «matérialise une vision» (96). Dans le second roman de Virginia Pésémapéo Bordeleau, publié en 2013, la juxtaposition des points de vue endogènes et allogènes sur le lac, espace central autour et sur lequel se déroule l'aventure sensuelle et identitaire des deux protagonistes, Wabougouni, l'Algonquine et Gabriel, le Métis, confèrent à ce lieu une multiplicité de fonctions discursives, allant du haut-lieu génétique, au sens étymologique du terme, au non-lieu que l'on traverse et qui nous porte des rives à la rivière. Dans le cadre de cette communication, je me pencherai plus particulièrement sur la configuration d'une spatialité symbolique dans ce roman de Virginia Pésémapéo Bordeleau, afin de mieux saisir, entre autres, le rôle qu'elle joue, dans l'élaboration d'une poétique de l'interculturel chez cet auteur.
Ce colloque explore les relations littéraires interaméricaines à partir d’une perspective comparatiste entre le Québec et le Brésil, centrée sur des approches théoriques des représentations littéraires de l’espace.
Il s’agit d’interroger les relations entre expérience, perception et écriture de l’espace pour mieux dégager les stratégies d’investissement symbolique auxquelles les productions littéraires québécoises et brésiliennes ont recours. Le corpus pourra également intégrer des productions cinématographiques. L’analyse de la figuration spatiale permettra d’identifier l’imaginaire des grands espaces (l’Amazonie brésilienne, le Nord québécois et le Sertão brésilien) ainsi que celui d’espaces urbains (micro-espaces carcéraux, favelas, quartiers délabrés) ou frontaliers (réserves autochtones au Québec et au Brésil).
L’examen des processus de (re)signification des espaces de référence dans le discours fictionnel repose sur différentes approches critiques de la représentation de l’espace qui produisent des champs discursifs et des concepts spécifiques dont le colloque cherchera à examiner la portée théorique. Pour ce faire, la réflexion s’organisera autour de trois principaux axes qui explorent les relations entre la littérature et la géographie :
1) Perspective géopoétique qui privilégie la mise en scène de trajectoires erratiques et s’appuie sur une grammaire du cosmos et sur des figurations d’espaces illimités;
2) Perspective géocritique qui explore les rapports entre « géographie du réel » et « géographie de l’imaginaire »;
3) Perspective du « braconnage » qui part de la notion d’habitabilité psychique pour cerner les paysages de la subjectivité dans des territoires précaires ainsi que les tactiques subversives d’appropriation du lieu.
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