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Jean-François Stassen : Université de Genève
La démocratisation de l'enseignement supérieur peut être mesurée à plusieurs moments de la trajectoire étudiante :
- lors de l'accès à l'université
- au moment du choix du domaine d'études, voire de la réorientation
- pendant les études
- lors de la transition entre l'université et le marché de l'emploi.
Nos résultats d'enquête montrent qu'à ces quatre moments, les inégalités sociales (mesurées par l'écart entre les niveaux d'instruction des parents des étudiants) jouent un rôle sur le choix des études universitaires (temps 1), sur la filière d'étude choisie (temps 2), sur la persévérance après un échec, sur la gestion des contraintes matérielles et financières, sur les éléments facilitateurs de la réussite (temps 3), ou sur les chances d'insertion professionnelle après l'obtention d'un diplôme (temps 4).
Nous verrons ainsi que, même si la Suisse est un des pays européens où les inégalités sociales dans l'enseignement tertiaire sont les moins fortes (Eurostudent, 2009), le chemin reste long pour des universités qui souhaitent voir se réaliser en leur sein la démocratisation.
Nos résultats ne s'arrêteront pas à des constatations déterministes, qui imposeraient aux institutions de formation de rester des outils de reproduction des inégalités. Ils montreront aussi qu'il existe des voies possibles pour ceux qui souhaiteraient se retrousser les manches dans le but de mettre en place des processus de réduction de l'impact de ces inégalités.
Ce colloque portera sur l’influence persistante de l’origine sociale sur l’accès aux études supérieures et sur les cheminements scolaires d’étudiants issus de certains groupes de la population. On y abordera notamment la question des étudiants d’origine autochtone, du groupe sociolinguistique d’appartenance ainsi que des étudiants issus de familles à faible capital scolaire. En effet, de nombreuses études au Québec comme ailleurs au Canada et dans le monde (Bourdieu, 1986; Bui, 2002; McCarron et Inkelas, 2006; Kamanzi, Doray, Bonin, Groleau, Murdoch, 2010; Finnie, Childs et Wismer, 2011; Turcotte, 2011) montrent que le niveau de scolarité des parents est l’un des facteurs les plus déterminants de l’accès et de la réussite aux études supérieures. Or, s’il est utile de connaître le profil et les raisons qui limitent les aspirations pour un projet d’études supérieures d’une forte proportion d’étudiants issus de familles à faible capital scolaire, qu’en est-il de ceux qui persévèrent et qui, malgré les obstacles supplémentaires auxquels ils doivent faire face, se rendent jusqu’à l’université?
Ce colloque réunira des chercheurs qui se sont penchés sur les déterminants de l’accès, de la persévérance et de l’adaptation des étudiants issus de groupes sous-représentés aux études supérieures. Certains d’entre eux viendront présenter des résultats de recherche axés sur le profil et le cheminement de ces étudiants, du secondaire jusqu’à l’université. D’autres viendront présenter des résultats préliminaires issus de l’expérimentation d’interventions qui tiennent compte des profils établis par la recherche. Les discussions porteront sur les formes de soutien qui pourraient être les plus profitables à ces étudiants.