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Serge Ramel : Haute école pédagogique du canton de Vaud
Un mouvement en faveur de l'inclusion porté par des organismes internationaux (OCDE, 2007; UNESCO, 2005, 2009) incite les pays à repenser leurs systèmes éducatifs pour permettre à une plus grande diversité d'élèves d'y trouver sa place. Les lois de la plupart des pays européens ont ainsi été révisées pour répondre à cet idéal et la Suisse n'y fait pas exception. Un Accord intercantonal sur la collaboration dans le domaine de la pédagogie spécialisée (CDIP, 2007) invite ainsi les cantons signataires à privilégier des solutions intégratives pour répondre aux besoins éducatifs particuliers des élèves. Or, si l'intégration vise à combattre l'exclusion, elle peut aussi parfois aboutir à de la ségrégation au sein de l'établissement ou de la classe quand les élèves concernés n'y sont pas réellement inclus. À partir de ce contexte national, notre communication vise à mettre en évidence les mécanismes législatifs, réglementaires et organisationnels qui, partant d'une volonté intégrative, peuvent amener les établissements à reproduire en leur sein l'exclusion que les injonctions internationales et nationales essaient de combattre. Nous monterons également que, malgré l'évolution terminologique, les représentations restent profondément ancrées dans une conception intégrative essentiellement centrée sur la personne. Combattre l'exclusion suppose au contraire de prendre en compte la communauté dans son ensemble, ce dans une visée réellement inclusive.
L’éducation est considérée comme l’une des clés du développement inclusif et durable d’une société. Cependant, les systèmes éducatifs sont traversés par des inégalités persistantes qui peuvent donner lieu à l’exclusion d’apprenants appartenant à certains groupes sociaux minoritaires et ainsi mettre en péril cet idéal inclusif. Bien que le phénomène de l’exclusion puisse être appréhendé sous l’angle de la non-scolarisation de certains élèves ou encore de la non-participation régulière ou continue à un programme scolaire, l’UNESCO (2014) définit l’exclusion sous un angle beaucoup plus large, soit comme « un processus de rupture du lien social, de désaffiliation, au cours duquel l’individu perd peu à peu les liens tissés avec d’autres individus ou des groupes d’individus. L’exclusion se construit par des ruptures successives, elle est rarement totale. » Ainsi, des structures, processus et pratiques éducatives qui ne répondent pas aux réalités et besoins de tous les apprenants peuvent constituer également des formes d’exclusion. Dans ce sens, il devient impératif de reconnaître et d’agir sur les processus qui y mènent, c’est-à-dire de « réduire le nombre de ceux qui sont exclus de l’éducation ou au sein même de l’éducation » (UNESCO, 2009, p. 9). En ce sens, exclusion et inclusion ne sont pas considérées ici comme des phénomènes opposés puisque plusieurs formes d’ostracisme peuvent être observées dans un contexte inclusif. Ainsi, que ce soit dans les politiques et encadrements, les structures éducatives et modèles de services, les pratiques des acteurs du monde de l’éducation entre eux ou envers les apprenants ou encore les relations entre ces derniers, des facteurs de rejet peuvent entraver l’atteinte d’une éducation pour tous. Ceux-ci méritent une attention particulière de la part des chercheurs; toutefois, la recherche en éducation tend à se centrer sur la question de l’inclusion en reléguant au second plan celle de l’exclusion. Ce colloque, coorganisé par l’axe « Éducation et rapports ethniques » du Centre d’études ethniques des universités montréalaises (CEETUM) et le Laboratoire international sur l’inclusion scolaire (LISIS), vise à contribuer à la clarification des défis et enjeux de la recherche autour des thématiques de l’inclusion et de l’exclusion dans les systèmes éducatifs, à partir de multiples regards, et à dégager des pistes d’action pour mieux parvenir à l’inclusion.
Thème du colloque :