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La compétence orthographique d'élèves dyslexiques du primaire : le cas de la morphologie flexionnelle verbale

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Amélie Bourcier : Université de Montréal

Résumé de la communication

Les élèves dyslexiques (ÉD) éprouvent d'importantes difficultés à traiter l'écrit, dont des difficultés à produire l'orthographe correcte des mots (Troia, 2006; Zesiger, 1995). Effectivement, la présence d'un déficit phonologique serait à l'origine de leurs difficultés àmaîtriser les propriétés phonologiques du code écrit (INSERM, 2007; Lyon, Shaywitz et Shaywitz, 2003). Or,depuis quelques années, des chercheurs (notamment Casalis, Colé et Sopo, 2004; Siegel, 2008) s'intéressent au fait que les ÉD puissent s'appuyer sur les propriétés morphologiques des mots afin de compenser leurs difficultés à traiter l'écrit. Le but de cette présentation est donc de rapporter les résultats d'une analyse qui s'est intéressée à la maîtrise de la morphologie flexionnelle verbale menée auprès de32ÉD (m= 11,44 ans). La performance de ces ÉD est comparéeà celle de 24 élèvesnormoscripteurs du même âge (CA) et à24normoscripteurs plus jeunes de même compétence écrite (CÉ). À partir de productions écrites guidées, une analyse des verbes produits a permis de mettre en évidence les erreurs relatives à la flexion verbale (erreurs de temps, de mode et de terminaison). De manièregénérale, les résultats indiquent que les ÉD ne produisent pas plus d'erreurs que les CÉ et les CA. Ces résultats seront discutés en fonction de la nature des erreurs relatives à la flexion verbale commises et du possible apport pourles ÉD de l'enseignement explicite des diverses propriétés du code orthographique.

Résumé du colloque

La dyslexie est un trouble d’apprentissage de la langue écrite qui nuit à la réussite scolaire (Sprenger-Charolles et Colé, 2013). Au Québec, comme ailleurs dans le monde, la prise en charge des élèves dyslexiques représente un objet de réflexion autant dans les milieux de la pratique que de la recherche (CSE, 2008; Casalis et al., 2013; Daigle et al., 2012; Écalle et Magnan, 2010). En effet, les difficultés que rencontrent les élèves dyslexiques lors de l’apprentissage de la lecture et de l’écriture constituent des défis pour les chercheurs qui tentent de comprendre les obstacles que ces élèves doivent franchir, mais aussi pour les praticiens (enseignants, orthopédagogues, orthophonistes, psychologues) qui doivent évaluer ces élèves et intervenir pour leur permettre d’atteindre un niveau de compétence écrite nécessaire à la réussite dans toutes les disciplines scolaires. L’hypothèse la plus consensuelle qui rend compte de la trajectoire atypique des dyslexiques quant à l’apprentissage de la langue écrite se rapporte à un trouble phonologique (Ramus, 2007). Dans les langues alphabétiques comme le français, les connaissances phonologiques sont centrales dans l’apprentissage de l’écrit puisque le code écrit est basé sur le système phonémique de la langue orale (Catach, 2005). La phonologie n’est cependant pas le seul facteur à prendre en compte dans les évaluations et les interventions en classe. En effet, les propriétés non phonologiques du code orthographique, les capacités visuo-attentionnelles, les capacités de la mémoire de travail et la rapidité de traitement cognitivo-langagier sont aussi des variables à considérer (Bosse et al., 2007; Daigle et al., 2013; Ramus, 2007; Stanké, 2010). Ce colloque permettra d’aborder la situation des dyslexiques sous l’angle de ces différentes variables et à la lumière de travaux empiriques et théoriques récents, de manière à nourrir la réflexion des chercheurs et des professionnels préoccupés par l’avenir de ces élèves.

Contexte

section icon Thème du congrès 2015 (83e édition) :
Sortir des sentiers battus
section icon Date : 25 mai 2015

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