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Sophie BRIQUET-DUHAZé : ESPE - Académie de Rouen
Notre recherche longitudinale montre que des élèves âgés de 8 à 10 ans ne connaissent pas le nom des 26 lettres de l'alphabet. Ils sont souvent en difficulté de lecture. Notre problématique questionne l'effet d'un entraînement tardif de la connaissance du nom des lettres. Notre recherche transpose donc ce prédicteur en remédiateur. Méthodologie : 300 élèves de 8 ans majoritairement scolarisés en éducation prioritaire. Groupe témoin (65) ; groupe expérimental (235). Évaluation initiale de tous en 2011. La rapidité de la réponse et la justesse ont été les deux critères de validité. 110 font un entraînement en conscience phonologique et nom des lettres et 125 font seulement le premier. En 2011, un élève de 8 ans sur deux ne connait pas la totalité des lettres de l'alphabet. Nous avons additionné les erreurs et noté les propositions. Les lettres connues par les 298 élèves (2 élèves ont un déficit visuel) sont : a-f-i-o-r-v. Les lettres faisant l'objet de nombreuses erreurs sont : q-l-y-j. Le « l » est souvent confondu avec le « i » et les confusions entre lettres (« s » et « c » par exemple) ne sont pas réciproques en nombre d'erreurs. Nous présenterons les résultats de l'évaluation intermédiaire partielle de 2012 et ceux de l'évaluation finale de 2014 avec et sans entraînement.
Depuis 2012 les recherches sur l’enseignement-apprentissage de la lecture et de l’écriture en termes d’efficacité occupent une place importante. Le colloque s’inscrit dans cette lignée scientifique. Il explore les difficultés rencontrées au cours du lire-écrire tout en proposant des remédiations efficaces issues d’expérimentations : stratégies, outils (Granger, Dubé), dispositifs didactiques en lecture-écriture et en orthographe (Briquet; Guihard-Lepetit; Boultif; Lavoie, Morin; Cayouette, Chatenoud, Turcotte), littératies multimodales (Boucher) ou viser la compréhension en lecture (Bessette, Ouellet, Boultif, Dubé). Les communicants croiseront ainsi des publics d’élèves différents quant à l’âge et au cursus, dans le but affiché de viser des retombées sociales en termes de remédiations efficaces pour les élèves, mais aussi en matière de développement professionnel des enseignants.
Jusqu’en 1995, la didactique du français a tenté d'améliorer la qualité de l’enseignement en concevant des contenus en accord avec ses cadres théoriques (Goigoux, 2002). Puis, la description des pratiques a remplacé cette dernière. Trois problématiques ont alors fait l’objet de recherches : les interactions didactiques et la reconstruction des objets enseignés; la transposition didactique et la modélisation de l’enseignement (Sensévy, 1998) alliant didactique, pédagogie et activité professionnelle. À partir de 2008, les recherches accordent davantage de place à l’efficacité enseignante soit dans l’analyse de celle-ci (Sensévy, 2009), soit dans la prescription (Theriault, 2012). Les recherches sur l’effet de l’enseignant vont montrer que le facteur influençant le plus les performances des élèves est l’enseignant et ses pratiques. Même si l’élève en difficulté demeure au centre des préoccupations (Cèbe, Goigoux, 1999, 2003; Bautier, Goigoux, 2004), on constate que déontologiquement les recherches s’orientent davantage vers les pratiques enseignantes sur le plan de l’efficacité (Bianco, Bressoux, 2009; Bissonnette, Richard, Gauthier, Bouchard, 2010; Bocchi, 2011). Les observations des pratiques de classe vont ainsi s’attacher aux interactions entre enseignant et élèves, et à l’action du professeur à destination des élèves dits « moyens ». Ces pratiques sont particulièrement déterminantes afin que ces élèves intègrent plus tard le groupe des lecteurs-scripteurs compétents plutôt que celui des élèves en difficulté. Depuis 2012, ce sont donc les recherches sur l’enseignement-apprentissage de la lecture et de l’écriture en matière d’efficacité qui occupent une place importante. Toutefois, de nombreuses études sont également concernées par l’apprentissage de la lecture et ses difficultés (remédiation, prévention, mesure des progrès, les coûts…) dans des domaines aussi variés que les sciences de l’éducation et du langage, la psychologie cognitive et les neurosciences (Brodeur, 2008; Bégin, Saint-Laurent, Giasson, 2010; Dion, Roux, Dupéré, 2011).
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