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Anne-Marie Desmeules : Université Laval
Que l'on considère l'écriture fragmentaire comme les éclats fulgurants d'une pensée en mutation constante, les débris d'un système qui échoue à se construire, les embryons mort-nés de livres qui ne verront jamais le jour ou encore comme les joyaux de la couronne, ce genre, qui se réclame comme tel, soulève de nombreuses questions quant à sa nature, à sa fonction et à sa valeur au sein de l'espace littéraire. Or l'hybridité même du fragment, sa flexibilité et son inclusivité, en fait le compagnon parfait pour traverser une vie soumise aux aléas de la modernité. Entre le bain à donner, l'autobus à prendre, le spectacle à voir, le mandat à remplir et l'amour à prodiguer, les moments de calme nécessaires à l'éclosion d'une pensée uniforme sont rares, voire inexistants. L'écrivain qui, malgré les interruptions, continue de réfléchir et de capter le monde, trouvera dans l'écriture fragmentaire un fantastique pis-aller. Mais cette frugale consolation peut-elle devenir autre chose qu'un second choix? Ces menus morceaux sont-ils assez nourrissants pour sustenter une vie créative entière? La communication proposée dressera d'abord un bref portrait du genre, pour ensuite inscrire l'écriture fragmentaire à la fois dans le contexte bien concret du quotidien et dans l'espace plus abstrait où convergent créativité et réflexion, le tout dans une esthétique du peu, de l'éparpillement et de l'agglutinement.
À l’heure où la recherche-création en lettres attire de plus en plus d’étudiants universitaires, ce colloque vise à questionner les tensions ou la fertilité des rapports entre la création littéraire, la réflexion intellectuelle et l’enseignement et, de façon plus large, à s’interroger sur la situation politique de l’écrivain, ébranlée par une dévalorisation de la culture et du rôle des humanités au sein de l’université. Comment l’écrivain professeur ou chercheur parvient-il à concilier écriture, enseignement et réflexion? Comment se met en œuvre la résistance de l’écriture au sein de l’institution et du politique aujourd'hui? Comment trouver la chambre à soi qui permet la création? Quelles sont les pratiques qui parviennent à mettre en place une « recherche-création » vivante? En particulier, comment s’articulent les pratiques actuelles de l’essai littéraire (essais, carnets, blogues, etc.)? Pourraient-elles parvenir à la périlleuse conciliation entre vie, réflexion et création? Parviendraient-elles à maintenir la création, et sa liberté, en initiant une pratique qui conjugue imagination et pensée?
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