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Julien Desrochers : Université de Moncton
Dès son premier roman (La rage, 1989), l'auteur québécois Louis Hamelin jette les bases de ce qui deviendra un riche édifice littéraire tout en développant, du même coup, un modèle de représentation symbolique du territoire géographique québécois. Si, chez cet auteur, le « réalème » (Bertrand Westphal) change d'une fiction à l'autre (Mirabel, le quartier Centre-Sud de Montréal, la Haute-Maurice, l'Abitibi, etc.), l'imaginaire territorial, pour sa part, est constamment réitéré par l'entremise de différentes stratégies textuelles et de schèmes métaphoriques. Cette constance nous permet de rendre compte des obsessions d'écriture de Hamelin et de son affection pour certaines figurations spatiales porteuses de sens.
Cette communication propose de montrer, en prenant appui sur le quatrième roman de Hamelin (Betsi Larousse ou l'ineffable eccéité de la loutre, 1994), que ce processus de re-signification des espaces de référence se fait, chez cet écrivain, au travers d'une poétique du pouvoir qui se déploie au moyen de stratégies spatiales précises, soit celles du regard, de la mobilité, et de l'opposition hauteur/profondeur. Ces stratégies témoignent d'un rapport ambigu du personnage-narrateur (Marc Carrière) vis-à-vis du pouvoir et affecte sa façon même d'habiter le territoire.
Ce colloque explore les relations littéraires interaméricaines à partir d’une perspective comparatiste entre le Québec et le Brésil, centrée sur des approches théoriques des représentations littéraires de l’espace.
Il s’agit d’interroger les relations entre expérience, perception et écriture de l’espace pour mieux dégager les stratégies d’investissement symbolique auxquelles les productions littéraires québécoises et brésiliennes ont recours. Le corpus pourra également intégrer des productions cinématographiques. L’analyse de la figuration spatiale permettra d’identifier l’imaginaire des grands espaces (l’Amazonie brésilienne, le Nord québécois et le Sertão brésilien) ainsi que celui d’espaces urbains (micro-espaces carcéraux, favelas, quartiers délabrés) ou frontaliers (réserves autochtones au Québec et au Brésil).
L’examen des processus de (re)signification des espaces de référence dans le discours fictionnel repose sur différentes approches critiques de la représentation de l’espace qui produisent des champs discursifs et des concepts spécifiques dont le colloque cherchera à examiner la portée théorique. Pour ce faire, la réflexion s’organisera autour de trois principaux axes qui explorent les relations entre la littérature et la géographie :
1) Perspective géopoétique qui privilégie la mise en scène de trajectoires erratiques et s’appuie sur une grammaire du cosmos et sur des figurations d’espaces illimités;
2) Perspective géocritique qui explore les rapports entre « géographie du réel » et « géographie de l’imaginaire »;
3) Perspective du « braconnage » qui part de la notion d’habitabilité psychique pour cerner les paysages de la subjectivité dans des territoires précaires ainsi que les tactiques subversives d’appropriation du lieu.
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