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Francis Proulx : Cégep de Lanaudière
Avec la révolution cartésienne, le statut ontologique accordé aux idées a subi d'importants changements. Chez Descartes, en effet, toute idée cesse de s'identifier aux formae qui, dans la scolastique thomiste encore, étaient conçues pour exister en dehors du sujet pensant. Désormais, la métaphysique du cogito fera correspondre les idées aux représentations mentales. Assimilées ainsi à des états subjectifs internes à l'esprit, les idées n'existeront plus qu'au sein d'un rapport de dépendance à l'égard de la cogitatio. Mais alors, comment Descartes peut-il faire coexister au sein des idées sensibles la double réalité d'une esse subjective et d'une esse objective? La solution à ce problème passe ici par une thèse inspirée de la phénoménologie brentanienne: les idées cartésiennes consistent en une structure qui unit en elle la réalité duale d'un (a) acte subjectif de pensée (une realitas formalis) intentionnellement dirigé vers (b) un contenu objectif de représentation (une realitas objectiva). Pour démontrer ce résultat, une démarche en deux points sera suivie: (1) les idées sensibles de Descartes seront d'abord définies via une taxonomie des pensées (2) pour ensuite être soumises à une analyse qui en présentera la dualité ontologique. Au final, cette interprétation de l'esse formale et de l'esse objectivum des idées comme acte et objet intentionnels contribuera à retracer la continuité historique qui doit lier la tradition brentano-husserlienne à celle de Descartes.
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