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Dès les premières étapes du développement d'un projet, les promoteurs ont recours à des pratiques qui ont le potentiel d'attiser plus tard la controverse. La prospection et l'acquisition des droits fonciers se font souvent dans un contexte où il y a en circulation très peu d'informations concernant le projet à venir, ses risques et ses retombées. Le mot d'ordre est la confidentialité, car à cette étape d'exploration, les promoteurs sont réticents à en dévoiler trop sur leurs intentions. Dans un contexte hautement compétitif d'appels d'offres, comme celui du développement éolien au Québec, leurs craintes n'en sont qu'exacerbées. Or, déjà à ce moment-là, en créant des inégalités entre ceux qui sont sollicités et leurs voisins qui ne se doutent de rien, les promoteurs peuvent créer un terreau fertile au conflit.
Malheureusement, il n'existe que peu de règles pour baliser les étapes de prospection des grands projets. Les forces sont inégalement réparties entre les différents acteurs convoitant le territoire et dont les intérêts peuvent diverger grandement. Est-ce acceptable que les grands joueurs de l'industrie de l'énergie puissent agir de façon à diviser une communauté? Est-ce acceptable que les propriétaires fonciers aient davantage d'influence dans le processus décisionnel que ceux qui habitent le territoire (surtout si ce ne sont pas les mêmes)? Est-ce possible de rendre ce processus plus transparent et plus acceptable?
Le Québec est entré dans une période d’évaluation et de redéfinition de sa politique énergétique. À cet égard, divers enjeux confrontent la société québécoise ou devraient être pris en compte : les besoins en énergie, l’importance des changements climatiques en cours à l’échelle mondiale, la volonté de s’inscrire dans une perspective de développement durable et territorialisé, l’intérêt de continuer à développer les ressources énergétiques renouvelables et à quelles conditions, et la pertinence ou non d’amorcer l’exploitation des ressources pétrolières maintenant.
L’élaboration d’une politique énergétique concernant les ressources et leur usage est complexe. Elle s’appuie sur la mise en relation de plusieurs variables, dont le contexte national dans lequel elle se déploie, les influences extérieures (supranationales), la dynamique des acteurs sociaux prévalant dans la société, les choix stratégiques à effectuer par l’État concernant les mécanismes financiers à utiliser pour optimiser le développement de ces ressources énergétiques, de même que les lois et règlements à mettre en place pour baliser ce développement. Une politique énergétique fait aussi appel à la dimension de l’acceptabilité sociale.
Nous proposons donc trois angles d’approche de la thématique du colloque :
1) Politique énergétique, choix stratégiques et ressources énergétiques : les composantes d’une politique énergétique
Comment ces politiques évoluent-elles dans le temps? Quels seraient les choix stratégiques à faire pour l’avenir du Québec?
2) Porteurs de projets énergétiques et acceptabilité sociale : un développement des ressources par le privé, par l’économie sociale ou par l’État?
Plus spécifiquement, quelle pourrait être la place des projets coopératifs et communautaires? La relation des porteurs de projets avec les mouvements sociaux et/ou l’acceptation des projets à l’échelle locale?
3) Politique énergétique et développement durable des territoires
Comment articuler le développement économique des territoires (par leurs ressources énergétiques) et la prise en compte des enjeux sociaux et environnementaux que soulève ce développement? Quels sont le rôle et la place des entreprises collectives dans ce développement? Comment répartir la richesse produite, et les territoires pourraient-ils capter directement une partie de cette richesse? Quelles seraient les voies possibles en termes de transition écologique?