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Laurent Lima : Université Grenoble Alpes
Depuis les années 80, la France a mené une politique d'accroissement du niveau de formation de sa population. Le concept d'étudiant de première génération (EPG) pourrait permettre de mieux comprendre les phénomènes d'échec ou d'abandon à l'université liés à cette.
Une enquête menée en 2011-2012 dans les trois types d'institutions (licences, IUT, IEP) de l'université Grenoble2, auprès de 1222 étudiants (520 EPG) s'inscrivant en 1ère année, permet de tester si le concept d'EPG apporte un éclairage sur l'accès à l'enseignement supérieur et sur l'échec ou l'abandon en première année.
Une analyse de régression logistique multinomiale indique, à série et mention du baccalauréat contrôlées, que les non-EPG ont la même probabilité que les EPG d'accéder à un IUT plutôt qu'à une licence mais que les non-EPG ont 6 fois plus de chances de s'inscrire en IEP (exp(B)=5.793 ; p<.001).
Lorsqu'on contrôle seulement la filière d'étude, un modèle logistique indique que les EPG ont les mêmes chances d'abandon que les non-EPG mais ont plus de chances d'être ajournés (Exp(B)=1.653 ; p=.040). Une fois contrôlés le baccalauréat et la mention, les chances d'abandon et d'ajournement sont équivalentes chez les EPG et les non EPG.
On assiste à un phénomène de démocratisation ségrégative au moment de l'intégration aux études supérieures mais des différences scolaires préexistantes à l'entrée à l'université expliquent les différences de réussite entre EPG et non EPG en première année.
Ce colloque portera sur l’influence persistante de l’origine sociale sur l’accès aux études supérieures et sur les cheminements scolaires d’étudiants issus de certains groupes de la population. On y abordera notamment la question des étudiants d’origine autochtone, du groupe sociolinguistique d’appartenance ainsi que des étudiants issus de familles à faible capital scolaire. En effet, de nombreuses études au Québec comme ailleurs au Canada et dans le monde (Bourdieu, 1986; Bui, 2002; McCarron et Inkelas, 2006; Kamanzi, Doray, Bonin, Groleau, Murdoch, 2010; Finnie, Childs et Wismer, 2011; Turcotte, 2011) montrent que le niveau de scolarité des parents est l’un des facteurs les plus déterminants de l’accès et de la réussite aux études supérieures. Or, s’il est utile de connaître le profil et les raisons qui limitent les aspirations pour un projet d’études supérieures d’une forte proportion d’étudiants issus de familles à faible capital scolaire, qu’en est-il de ceux qui persévèrent et qui, malgré les obstacles supplémentaires auxquels ils doivent faire face, se rendent jusqu’à l’université?
Ce colloque réunira des chercheurs qui se sont penchés sur les déterminants de l’accès, de la persévérance et de l’adaptation des étudiants issus de groupes sous-représentés aux études supérieures. Certains d’entre eux viendront présenter des résultats de recherche axés sur le profil et le cheminement de ces étudiants, du secondaire jusqu’à l’université. D’autres viendront présenter des résultats préliminaires issus de l’expérimentation d’interventions qui tiennent compte des profils établis par la recherche. Les discussions porteront sur les formes de soutien qui pourraient être les plus profitables à ces étudiants.