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Marie Toullec-Théry : Nantes Université
L'état français s'engage, entre 2013 et 2017, à créer 7000 postes de maîtres supplémentaires et à les affecter en grande majorité à des écoles en Réseau d'Education Prioritaire pour aider les élèves les plus fragiles.
L'enjeu est de taille, sachant qu'un dispositif comparable a déjà existé dans les années 2000, mais dont l'évaluation (DEPP, 2004) attestait qu'il a peiné à atteindre les objectifs ciblés. Ce nouveau dispositif « Plus de maîtres que de classes » déplace les seuls enjeux d'aide directe aux élèves (qui coïncidaient avec une perspective diagnostic-remédiation), et incite à « la mise en place de nouvelles organisations pédagogiques, en priorité au sein même de la classe » (Circ. 2012-201). Ce « maître + » (M+) serait alors une personne-ressource pour l'enseignant de la classe (MC) avec lequel il travaillerait principalement en co-intervention.
Nous proposons, dans cette communication, d'étudier quelques situations de co intervention dans une double approche didactique (Sensevy & Mercier,
2007 ; Sensevy, 2011) et comparatiste (Mercier, Schubauer-Léoni, 2012).
Nous montrerons que ce n'est pas la question des organisationsqui est centrale, mais la négociation des situations entre M+ et MC et que cette négociation met en jeu la compréhension commune des obstacles didactiques.
Les changements curriculaires de la dernière décennie, tels que le ou les socles de compétences, par exemple, ont fait passer l’école et ses acteurs d’une logique d’obligation de moyens (scolariser tous les enfants) à une quasi-obligation de résultats (amener tous les élèves aux compétences du ou des socles). En concomitance, les systèmes éducatifs des pays industrialisés francophones visent une moindre orientation dans l’enseignement spécialisé ainsi qu’une limitation des redoublements.
Présentement, quand des ressources sont attribuées pour l’aide aux élèves en difficulté, elles sont orientées vers les classes régulières, non vers la création de classes spécialisées. Le coenseignement et le dispositif français « plus de maîtres que de classes » sont typiques de cette tendance.
Il s’agit, dans ce symposium, de documenter la question de l’« aide aux élèves », qu’elle prenne la forme de dispositifs financés par l’argent public ou de dispositifs imaginés par les enseignants dans l’intimité des classes ou dans l’interclasse. Se pose la question de leur articulation à la conduite ordinaire de classe ainsi que celle des nécessités (et déterminations) auxquelles ils répondent comme celle des effets produits sur l’apprentissage des élèves, sur l’évolution des pratiques et sur le développement professionnel des enseignants. Ce ne sont là que quelques-unes des questions légitimes posées par cette inflexion réelle ou apparente de l’organisation éducative.
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