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Mathieu LEBLANC - CASAVANT : UQAR - Université du Québec à Rimouski
Les professions de relation d'aide comptent souvent peu d'hommes dans leurs rangs et il en est de même pour les programmes de formation qui y préparent. Certains avancent que l'univers du soin serait culturellement attribué à des aspects correspondant davantage aux femmes et à la féminité (ex. : prendre soin, être empathique, composante affective, etc.) et que les hommes s'y sentiraient moins à leur aise, voire outillés (Gilligan, 2008). Pour Dulac (2003), le soin serait apparenté chez certains hommes aux dimensions de l'intime et impliquerait une position de vulnérabilité ; les caractéristiques traditionnellement associées aux hommes (ex : force, stoïcité, indépendance, etc.) étant antinomiques à toute forme de vulnérabilité. Ainsi certains hommes étudiant en relation d'aide peuvent se questionner sur leur place dans leur programme d'études et en accompagnement, mais aussi sur leur propre identité de genre, voire y chercher une manière d'être en adéquation, pour y trouver leur « place » (Roy, 2011). Cette communication se penchera ainsi sur cette réflexion d'ensemble sur le masculin, l'intime et le vulnérable et sur les enjeux éthiques qui émergent sur ce territoire. Elle prendra appui sur un projet pilote expérimenté en collaboration avec le C-TA-C où des étudiants hommes du département de psychosociologie et de travail social à l'UQAR ont pris part à une démarche de groupe abordant la thématique des réalités masculines.
La vulnérabilité est le fait, pour un être, d’être plus exposé qu’un autre à un mal et moins capable de s’en protéger en raison de sa nature ou de facteurs contextuels ou structurels. En éthique, la vulnérabilité est d’abord un fait ontologique universellement partagé qui tient dans la fragilité et la finitude de la condition humaine (Nussbaum). Pour cette raison, elle est au principe même de la société moderne et de l’État de droit. Elle renvoie également à un trait caractéristique de groupes particuliers méritant une protection spéciale.
C’est en réponse aux insuffisances de la pensée morale déontologique et utilitariste que semble avoir émergé, depuis les dernières décennies, le concept de vulnérabilité en éthique. Un « principe de vulnérabilité » serait au fondement de l’éthique, prescrivant « le respect, le souci et la protection d’autrui et du vivant en général, sur la base du constat universel de la fragilité, de la finitude et de la moralité des êtres » (Nouvelle encyclopédie de bioéthique). D’abord réapproprié par le philosophe conséquentialiste Robert Goodin dans Protecting the Vulnerable au milieu des années 1980, ce concept est désormais au cœur de réflexions en éthique du care, en théorie juridique féministe, en théorie politique et en éthique de l’environnement.
Quel sens devrait-on donner au concept de « vulnérabilité » si l’on veut maximiser son pouvoir normatif? En quoi une éthique de la vulnérabilité enrichit-elle les réflexions morales et politiques jusqu’ici définies en termes de justice et de droits? Peut-elle s’étendre à d’autres champs de l’éthique pour lesquels elle n’a pas été pensée? Quelles sont les limites de son pouvoir explicatif et, surtout, normatif? Ce colloque autour des usages théoriques et pratiques de la notion de vulnérabilité se déploie en quatre axes : éthique des relations de soins et de l’intervention, vulnérabilité des organisations, vulnérabilité des milieux physiques et humains, et rapports Nord-Sud.
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