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Le projet « Dyslexie à l'Université » mis en place à l'Université catholique de Louvain (Belgique) : premières données d'une étude empirique

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Emilie Collette : Université catholique de Louvain

Résumé de la communication

Le projet « Dyslexie à l'Université » (subsidié par la Fondation Louvain) a été mis en place aux Consultations Psychologiques Spécialisées (CPS) en collaboration avec l'Université catholique de Louvain (UCL) suite aux demandes de plus en plus nombreuses émanant d'étudiants dyslexiques désirant un bilan, un suivi, des conseils ou encore des aménagements de leur cursus universitaire. Ce projet comporte trois volets : recherche, enseignement et service à la collectivité. Dans ce contexte, des bilans orthophoniques sont proposés aux étudiants dyslexiques qui le désirent, les résultats de chaque étudiant venant étoffer une base de données qui compte actuellement 115 étudiants. Dans un premier temps, nous présenterons brièvement l'état des connaissances actuelles sur les étudiants dyslexiques. Mais les études menées jusqu'à présent sont généralement des études de groupes et celles-ci ont tendance à gommer les différences individuelles. Nous décrirons ensuite les analyses qui ont été réalisées à partir de notre base de données en insistant sur l'hétérogénéité des profils des étudiants dyslexiques, les difficultés observées variant d'un étudiant à l'autre. Nous discuterons enfin de ces données à la lumière des plaintes recueillies auprès des étudiants dyslexiques et des répercussions de leur trouble sur le langage écrit et de manière plus large, sur leur cursus universitaire.

Résumé du colloque

La dyslexie est un trouble d’apprentissage de la langue écrite qui nuit à la réussite scolaire (Sprenger-Charolles et Colé, 2013). Au Québec, comme ailleurs dans le monde, la prise en charge des élèves dyslexiques représente un objet de réflexion autant dans les milieux de la pratique que de la recherche (CSE, 2008; Casalis et al., 2013; Daigle et al., 2012; Écalle et Magnan, 2010). En effet, les difficultés que rencontrent les élèves dyslexiques lors de l’apprentissage de la lecture et de l’écriture constituent des défis pour les chercheurs qui tentent de comprendre les obstacles que ces élèves doivent franchir, mais aussi pour les praticiens (enseignants, orthopédagogues, orthophonistes, psychologues) qui doivent évaluer ces élèves et intervenir pour leur permettre d’atteindre un niveau de compétence écrite nécessaire à la réussite dans toutes les disciplines scolaires. L’hypothèse la plus consensuelle qui rend compte de la trajectoire atypique des dyslexiques quant à l’apprentissage de la langue écrite se rapporte à un trouble phonologique (Ramus, 2007). Dans les langues alphabétiques comme le français, les connaissances phonologiques sont centrales dans l’apprentissage de l’écrit puisque le code écrit est basé sur le système phonémique de la langue orale (Catach, 2005). La phonologie n’est cependant pas le seul facteur à prendre en compte dans les évaluations et les interventions en classe. En effet, les propriétés non phonologiques du code orthographique, les capacités visuo-attentionnelles, les capacités de la mémoire de travail et la rapidité de traitement cognitivo-langagier sont aussi des variables à considérer (Bosse et al., 2007; Daigle et al., 2013; Ramus, 2007; Stanké, 2010). Ce colloque permettra d’aborder la situation des dyslexiques sous l’angle de ces différentes variables et à la lumière de travaux empiriques et théoriques récents, de manière à nourrir la réflexion des chercheurs et des professionnels préoccupés par l’avenir de ces élèves.

Contexte

section icon Thème du congrès 2015 (83e édition) :
Sortir des sentiers battus
section icon Date : 25 mai 2015

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