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Geneviève Gendreau-Beauchamp : Université d'Ottawa
Raymond Aron et Paul Ricœur ont tous deux développé des philosophies critiques de l’histoire, condamnant les totalisations des philosophies spéculatives de l’histoire (Hegel, Marx, Comte…). À partir de perspectives différentes, ils ont cherché à historiciser la raison, en déployant une pensée nécessairement compréhensive et pétrie du caractère contingent de l’histoire. Ils ont donc cherché à arrimer Raison et Histoire : Aron à partir d’un questionnement épistémologique sur l’histoire et Ricœur, d’une herméneutique de la narration historique. La fin de l’histoire, d’eschatologique qu’elle était, sous les philosophies spéculatives de l’histoire, a ainsi pris le sens d’une visée et d’une intention de raison, indissociables de la réflexivité du savant sur sa propre condition. Notre communication s’interrogera sur le statut que revêt, chez eux, la raison, en regard de ces inflexions du rationalisme et de l’idéalisme. Elle y prend la double forme, complémentaire plutôt que contradictoire, d’un idéal, voire d’une utopie nécessaire, ainsi que d’une raison incarnée dans le travail du savant, qu’il tire des raisons d’agir au sein du monde vécu. Situation paradoxale, mais non aporétique, où la Raison devient l’objet d’une croyance, d’un acte de foi et d’espérance, et guide la réflexion sur l’histoire. Aron et Ricœur ont en effet pensé une idée de la raison comme horizon régulateur et idée-limite kantienne, tout en prenant la pleine mesure des limites du rationalisme et de l’idéalisme.
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