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Tara Flanagan : Université McGill
Les notions d'inclusion et d'exclusion sont généralement considérées comme des pôles opposés. Pourtant, dans la réalité complexe de la vie scolaire, les élèves peuvent connaître les deux extrêmes en même temps. Cette présentation mettra l'accent sur l'application d'une perspective de développement à l'étude de l'inclusion scolaire et l'exclusion. En particulier, la théorie du développement des systèmes écologiques (Bronfenbrenner, 1979) et celle de la psychopathologie du développement (par exemple, Cicchetti, 1989) seront utilisées pour discuter de l'expérience multi-facettes de l'inclusion et de l'exclusion. Cette approche affinée pour l'examen des systèmes environnementaux et de leurs interactions permettra d'améliorer notre compréhension du processus d'inclusion et d'exclusion. En outre, il favorisera une perspective plus nuancée sur l'inclusion scolaire en déconstruisant l'idée que les environnements sont totalement inclusifs ou exclusifs. Les implications pratiques de cette approche seront également discutées à l'égard de la promotion de l'inclusion dans une multitude de systèmes de développement.
L’éducation est considérée comme l’une des clés du développement inclusif et durable d’une société. Cependant, les systèmes éducatifs sont traversés par des inégalités persistantes qui peuvent donner lieu à l’exclusion d’apprenants appartenant à certains groupes sociaux minoritaires et ainsi mettre en péril cet idéal inclusif. Bien que le phénomène de l’exclusion puisse être appréhendé sous l’angle de la non-scolarisation de certains élèves ou encore de la non-participation régulière ou continue à un programme scolaire, l’UNESCO (2014) définit l’exclusion sous un angle beaucoup plus large, soit comme « un processus de rupture du lien social, de désaffiliation, au cours duquel l’individu perd peu à peu les liens tissés avec d’autres individus ou des groupes d’individus. L’exclusion se construit par des ruptures successives, elle est rarement totale. » Ainsi, des structures, processus et pratiques éducatives qui ne répondent pas aux réalités et besoins de tous les apprenants peuvent constituer également des formes d’exclusion. Dans ce sens, il devient impératif de reconnaître et d’agir sur les processus qui y mènent, c’est-à-dire de « réduire le nombre de ceux qui sont exclus de l’éducation ou au sein même de l’éducation » (UNESCO, 2009, p. 9). En ce sens, exclusion et inclusion ne sont pas considérées ici comme des phénomènes opposés puisque plusieurs formes d’ostracisme peuvent être observées dans un contexte inclusif. Ainsi, que ce soit dans les politiques et encadrements, les structures éducatives et modèles de services, les pratiques des acteurs du monde de l’éducation entre eux ou envers les apprenants ou encore les relations entre ces derniers, des facteurs de rejet peuvent entraver l’atteinte d’une éducation pour tous. Ceux-ci méritent une attention particulière de la part des chercheurs; toutefois, la recherche en éducation tend à se centrer sur la question de l’inclusion en reléguant au second plan celle de l’exclusion. Ce colloque, coorganisé par l’axe « Éducation et rapports ethniques » du Centre d’études ethniques des universités montréalaises (CEETUM) et le Laboratoire international sur l’inclusion scolaire (LISIS), vise à contribuer à la clarification des défis et enjeux de la recherche autour des thématiques de l’inclusion et de l’exclusion dans les systèmes éducatifs, à partir de multiples regards, et à dégager des pistes d’action pour mieux parvenir à l’inclusion.