Veuillez choisir le dossier dans lequel vous souhaitez ajouter ce contenu :
Membre a labase
Rachel Berthiaume : Université de Montréal
Les élèves dyslexiques (ÉD) rencontrent de nombreuses difficultés dans leur apprentissage de la lecture, qui sont généralement attribuables à une utilisation déficiente des procédures de reconnaissance des mots causée par un déficit phonologique. Des recherches récentes (voir, par exemple, Casalis et al., 2003, 2004 ; Siegel, 2008) ont eu comme objectif de vérifier le rôle des connaissances morphologiques dans le développement de la lecture auprès d'ÉD afin de vérifier l'hypothèse selon laquelle l'utilisation de procédures morphologiques est susceptible de favoriser leur développement de la reconnaissance des mots et de pallier leurs difficultés de lecture. Le postulat à l'origine de ces études est qu'il n'y a aucune raison apparente de penser que ces élèves ont des difficultés à traiter la structure morphologique des mots, dans la mesure où la morphologie renvoie à des unités de sens visuellement accessibles, et non à des unités de sons. Dans le cadre de notre présentation, nous synthétiserons et analyserons les méthodologies et les résultats provenant de ces recherches. Nous mettrons en lumière deux tendances : certaines études concluent que les connaissances morphologiques des ÉD sont déficitaires ; d'autres soulignent qu'elles se développent différemment chez ceux-ci. D'autres recherches semblent nécessaires afin de mieux cerner le rôle de la morphologie dans le développement de la lecture chez les ÉD et de favoriser la mise en place de pratiques enseignantes ciblées.
La dyslexie est un trouble d’apprentissage de la langue écrite qui nuit à la réussite scolaire (Sprenger-Charolles et Colé, 2013). Au Québec, comme ailleurs dans le monde, la prise en charge des élèves dyslexiques représente un objet de réflexion autant dans les milieux de la pratique que de la recherche (CSE, 2008; Casalis et al., 2013; Daigle et al., 2012; Écalle et Magnan, 2010). En effet, les difficultés que rencontrent les élèves dyslexiques lors de l’apprentissage de la lecture et de l’écriture constituent des défis pour les chercheurs qui tentent de comprendre les obstacles que ces élèves doivent franchir, mais aussi pour les praticiens (enseignants, orthopédagogues, orthophonistes, psychologues) qui doivent évaluer ces élèves et intervenir pour leur permettre d’atteindre un niveau de compétence écrite nécessaire à la réussite dans toutes les disciplines scolaires. L’hypothèse la plus consensuelle qui rend compte de la trajectoire atypique des dyslexiques quant à l’apprentissage de la langue écrite se rapporte à un trouble phonologique (Ramus, 2007). Dans les langues alphabétiques comme le français, les connaissances phonologiques sont centrales dans l’apprentissage de l’écrit puisque le code écrit est basé sur le système phonémique de la langue orale (Catach, 2005). La phonologie n’est cependant pas le seul facteur à prendre en compte dans les évaluations et les interventions en classe. En effet, les propriétés non phonologiques du code orthographique, les capacités visuo-attentionnelles, les capacités de la mémoire de travail et la rapidité de traitement cognitivo-langagier sont aussi des variables à considérer (Bosse et al., 2007; Daigle et al., 2013; Ramus, 2007; Stanké, 2010). Ce colloque permettra d’aborder la situation des dyslexiques sous l’angle de ces différentes variables et à la lumière de travaux empiriques et théoriques récents, de manière à nourrir la réflexion des chercheurs et des professionnels préoccupés par l’avenir de ces élèves.
Titre du colloque :
Thème du colloque :