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Younes ZEROUALI : Université de Montréal
Plusieurs auteurs suggèrent une distinction entre les fuseaux rapides (>13Hz) et les lents (<13Hz), chacun étant associé à une topographie et des processus cognitifs distincts. Afin de mieux comprendre la dynamique des fuseaux et les réseaux fonctionnels qui les supportent, nous avons enregistré simultanément l'EEG et les champs magnétiques (par la MEG) durant le sommeil. En utilisant une méthodologie de détection de la synchronie, nous avons montré que la synchronie à haute fréquence (>13Hz) dans la bande sigma se produit précocement durant le fuseau, suivie d'épisodes de synchronie à plus basse fréquence (<13Hz). De plus, en utilisant une méthode performante d'imagerie électromagnétique des sources cérébrales, nous avons pu montrer que les régions corticales les plus actives durant les synchronies précoce et tardive sont le gyrus postcentral et le lobule pariétal supérieur pour la première, et le gyrus frontal médian, le gyrus frontal supérieur et le pré-cuneus pour la seconde. Finalement, nous avons également montré que la synchronie précoce est supportée par des réseaux de connectivité principalement intrahémisphériques, tandis que la synchronie tardive est supportée par des réseaux plus étendus à grande échelle où les deux hémisphères sont densément connectés. Ces résultats supportent l'hypothèse selon laquelle les fuseaux reflètent des processus cérébraux dynamiques dont les régimes rapide et lent peuvent être associés à des processus cognitifs distincts.
Les périodes de sommeil lent constituent plus de 75 % du sommeil. L’électroencéphalogramme en sommeil lent se caractérise principalement par deux types d’oscillations : les fuseaux de sommeil (train d’ondes entre 12 et 15 Hz) et les ondes lentes (< 4 Hz). Ces oscillations jouent un rôle important dans la protection du sommeil vis-à-vis de perturbations et dans la capacité du cerveau à s’adapter à de nouvelles expériences (plasticité cérébrale). Les oscillations en sommeil lent ont des caractéristiques individuelles importantes, mais sont également modulées par plusieurs facteurs environnementaux tels le nombre d’heures d’éveil précédant l’épisode de sommeil, l’apprentissage et certains agents pharmacologiques comme la caféine ou les benzodiazépines. Les chercheurs participant à ce colloque présenteront des données récentes identifiant certains mécanismes moléculaires, électrophysiologiques et cérébraux qui sous-tendent la production des oscillations en sommeil lent ainsi que leurs fonctions. De nouveaux développements méthodologiques dans la détection automatisée des oscillations en sommeil lent et dans les mesures de connectivité cérébrale associée à ces oscillations seront aussi discutés. Plusieurs questions clés restant à éclaircir seront également abordées par les chercheurs, étudiants et cliniciens. Par exemple, les différences individuelles des caractéristiques des oscillations en sommeil lent sont-elles héréditaires et sont-elles associées aux capacités cognitives? Les caractéristiques des oscillations en sommeil lent peuvent-elles prédire le développement d’une démence? Quels mécanismes cérébraux expliquent les changements marqués des oscillations en sommeil lent avec l’âge? Comment ces oscillations sont-elles perturbées chez les patients souffrant d’insomnie? Peut-on les moduler afin de mieux consolider la mémoire au cours du sommeil? Cette session aura une portée autant dans le domaine clinique que dans celui des neurosciences.