Veuillez choisir le dossier dans lequel vous souhaitez ajouter ce contenu :
Membre a labase
Thomas Escande : Linagora Canada
Quel meilleur exemple de transition vers les logiciels libres que celui de la France, dont le nom apparait régulièrement en tête des classements des pays favorisant l'utilisation du
logiciel libre? En effet, les années 2000 ont vu émerger une véritable volonté politique (la circulaire Ayrault en étant l'exemple le plus probant) visant à favoriser l'utilisation du logiciel
libre dans les administrations publiques, et ce dans le but de favoriser la diminution des coûts de fonctionnement, l'utilisation de formats ouverts, la protection des données, le gain de
valeurs ajoutées permettant de répondre aux besoins spécifiques, l'indépendance vis à vis des grands fournisseurs,... Mais quels ont été les conséquences de cette politique? Nous tenterons de répondre à cette question en deux grandes parties:
• L'histoire de la réussite de l'adoption du logiciel libre par les administrations françaises. Les raisons de cette transition ainsi que les grandes difficultés rencontrées seront aussi abordée en s'appuyant sur les retours des accompagnements effectués par Linagora.
• L'exemple du ministère de l'Économie et des Finances. Ce ministère utilise actuellement plus de 350 logiciels libres. On s'intéressera notamment aux logiciels de messagerie et de partage documentaire au travers des retours d'expérience de Linagora qui a installé, intégré et supporte encore actuellement ces logiciels pour ce Ministère.
Le Québec fait face à des défis budgétaires et sociaux majeurs (dette publique importante, pyramide démographique « inversée », explosion des coûts sociaux et de santé, renouvellement de la main-d’œuvre et risque de perte d’expertise qui en découle). Le gouvernement du Québec, comme d’autres administrations publiques dans le monde, veut économiser. Il cherche à transformer ses façons de faire et à dégager une marge de manœuvre. C’est dans ce contexte qu’une nouvelle possibilité semble se présenter : passer à l’utilisation des logiciels libres (open source) et ainsi récolter des avantages directs (coûts moindres) et indirects (adhésion aux standards ouverts, etc.).
Le 21 septembre 2013, Le Soleil titrait : « Logiciel libre : Québec aurait pu économiser 265 millions $ ». En fait, on avançait que si on remplaçait tous les logiciels propriétaires par leur équivalent « libre », on aurait économisé 265 millions de dollars en licences. À cela, on ajoutait que « l’usage des logiciels libres permettrait de briser le cercle de dépendance vis-à-vis des technologies propriétaires, […] de dynamiser le secteur informatique au Québec et de recréer une expertise interne au gouvernement dans ce domaine. » Tous ces avantages sont alléchants, mais certains soutiennent que le logiciel libre est souvent moins mature, performant, fiable, etc. D’autres affirment que les économies sur les coûts des licences sont annulées par ceux de la main-d’œuvre. D'autres encore apportent des arguments positifs (disponibilité du code source, possibilité d’adapter le logiciel) ou négatifs (lourdeur des applications, pertes de productivité des usagers, etc.).
L’objectif de ce colloque est de réunir des personnes concernées et intéressées par le processus d’intégration des logiciels libres dans les systèmes d’information et les processus gouvernementaux afin de partager leurs connaissances et leurs résultats de recherches, et de discuter des principaux champs de recherche à développer dans ce secteur aux niveaux micro, méso ou macro. En effet, il nous semble capital d’avoir une vision élargie de cette intégration du logiciel libre. C’est aussi pour cette raison que les propositions relatives à l’adoption du logiciel libre dans l’entreprise privée (qui pourraient inspirer le domaine public) seront considérées.
Titre du colloque :
Thème du colloque :