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Susannah Taylor : Université d'Ottawa
Dans le contexte contemporain, la transition à l'âge adulte est un moment de précarité et de risques. On s'attend à ce que les jeunes deviennent autonomes dans leurs adaptations sociales et qu'ils apprennent à gérer individuellement les transitions et les incertitudes. En outre, le rôle de la famille revêt une importance grandissante afin de compenser le manque de soutien structurel. Aujourd'hui, les troubles de santé mentale sont une réalité importante chez les jeunes adultes au Canada. Ces troubles sont construits, en partie au moins, comme des difficultés d'adaptation sociale, et l'incapacité de s'adapter aux attentes, aux risques et aux normes sociales est considérée comme preuve d'un trouble de santé mentale. En nous servant de données tirées d'une étude sur les jeunes adultes en formation professionnelle au secondaire, cette communication rendra compte de la situation de répondants ayant des vécus en santé mentale. Nous analyserons leurs discours sur la santé mentale, leur parcours scolaire, leur autonomie et leurs soutiens. Ces discours seront juxtaposés avec les discours sociaux de l'individualisation, de l'autonomie, du risque et de l'adaptation afin de cerner leurs retombées sur les parcours en formation professionnelle.
Ce colloque vise à mettre en lumière les situations des jeunes adultes inscrits en formation professionnelle (FP) dans un contexte où l’attention et les ressources importantes consacrées à la FP ne semblent pas produire les effets escomptés, en particulier au niveau secondaire.
Au cours de la dernière décennie, les gouvernements ainsi que les acteurs de l’éducation et du travail ont manifesté de grandes préoccupations à l’égard de l’accès, de la réussite et des débouchés en matière de FP. Malgré cela, les préjugés au sujet de la valeur de ce type de formation persistent et bon nombre d’élèves peinent à terminer leurs études. Il semble donc important aujourd’hui de s’attarder aux jeunes inscrits en FP et d’en apprendre davantage sur leurs parcours de vie avant, pendant et après leurs études, et sur la manière dont ces parcours se déploient en lien avec diverses formes de soutien, tant formel qu’informel (aide gouvernementale, intervention psychosociale, conseils en orientation, aides de proches et de la famille).
Reconnaissant que les épreuves personnelles, familiales, relationnelles et scolaires qui jalonnent les parcours des jeunes en général n’arrivent pas à être traversées seuls, sans soutien approprié, ce colloque s’intéressera de manière plus spécifique à la manière dont les jeunes inscrits en FP composent avec leurs difficultés. Le soutien dont ils ont besoin est-il toujours disponible et l’intègrent-ils à leurs parcours? Est-il concentré sur les dimensions scolaires ou englobe-t-il l’ensemble des dimensions du parcours de vie auxquelles s’attachent les difficultés des jeunes? Ou encore, est-il difficilement accessible, de telle sorte que la FP continue d’être pour plusieurs une voie de relégation?
Le colloque s’intéressera également aux effets de contexte sur les parcours de ces jeunes et sur les formes de soutien auxquels ils accèdent (ou pas) : catégories socioéconomiques, institutions fréquentées, types de régions, etc.
Thème du colloque :